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La zone euro est-elle «une des plus grandes catastrophes de l’histoire économique»?

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Devant le siège de la BCE à Francfort, un passant prend en photo le symbole de l'Euro avec son smartphone. REUTERS/Kai Pfaffenbach.
Devant le siège de la BCE à Francfort, un passant prend en photo le symbole de l'Euro avec son smartphone. REUTERS/Kai Pfaffenbach.

Alors que le risque de déflation est désormais officiellement considéré comme une possibilité pour la zone euro, il est peut-être temps, écrit le chroniqueur Matt O'Brien sur le Washington Post, «de nommer la zone euro pour ce qu’elle est vraiment: l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire économique».

Contrairement aux précédentes crises économiques, celle qui est survenue aux Etats-Unis en 2007 et a touché la zone euro un an plus tard n’a toujours pas vue cette dernière, six ans plus tard, retrouver son niveau de croissance d’avant-crise. Ce qui fait dire au quotidien américain que cette crise est pire que la «Décennie perdue» du Japon des années 1990 et que la «Grande Dépression» d’après la crise de 1929.

Pour O'Brien, les raisons de cet échec sont bien connues: trop d’austérité fiscale et trop peu de stimulation monétaire. L’Europe est bloquée par son système monétaire qui l’empêche de dévaluer, en dépit de l’assouplissement annoncé par le président de la banque centrale européenne, Mario Draghi.

Dans un article antérieur, le même auteur estimait que le problème de l’euro est que les Européens y sont psychologiquement encore plus attachés qu’ils ne l’étaient à l’or, quand dans les années 30 ce dernier établissait le cours des monnaies. Plus qu’une monnaie, l’euro est le symbole de la civilisation et son abandon signifierait un retour à ce qui-ne-devait-plus-jamais-se-produire. C’est pourquoi, selon l’auteur, l’euro «est un monument de papier à la paix et à la prospérité», ce qui rend son abandon impossible, alors qu’il est selon lui un obstacle à la reprise. Et les Européens ne le lâcheront pas, devraient-ils y sacrifier leurs économies…

Cependant, comme l’a expliqué Gilles Bridier sur Slate, «déduire qu’il faudrait une forte dépréciation –voire abandonner l’euro– procède d’une analyse bien trop rapide, en tout cas sur le strict point de vue de la compétitivité.» Car «pour les deux tiers des exportations des pays membres, les effets d’un euro fort sur les conditions de concurrence n’existent pas», ces échanges se faisant entre pays membres. Et un euro faible pénaliserait les coûts de production, puisque les Etats de la zone doivent importer leurs hydrocarbures, achetés en dollars, pour faire tourner leurs économies…

Enfin, les gains de productivité pourraient de toute manière être épuisés, comme l'a expliqué Fabien Escalona dans un article sur l'éventualité d'une fin de la période de croissance: l'hypothèse d'une stagnation durable dans la zone euro –et ailleurs– est désormais évoquée par des économistes mainstream.

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