Science & santé

Les employés qui délivrent les passeports ne sont pas plus physionomistes que vous

Repéré par Mathieu Dejean, mis à jour le 20.08.2014 à 16 h 25

Repéré sur Quartz, Eurekalert

Passeport (110/365) / Kat via Flickr licence by

Passeport (110/365) / Kat via Flickr licence by

Ce n’est pas pour rien que l’on vous demande de ne pas sourire sur vos photos d’identité, dont celle qui orne votre passeport. La reconnaissance faciale est en effet une tâche beaucoup plus compliquée qu’elle n’y paraît pour les agents chargés de cette mission.

Selon une nouvelle étude réalisée par l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (en Australie), les employés qui reçoivent, analysent et accordent ou refusent les demandes de passeport échouent autant que n’importe qui à cet exercice, relate Quartz.

Les chercheurs de cette université ont soumis un groupe d'employés du Bureau des passeports de Sydney et un groupe d’étudiants inexpérimentés à un test de reconnaissance faciale. Les résultats ne sont pas rassurants: ils ont rejeté 6% de photos valides et ont accepté 14% de photos frauduleuses.

«Les résultats montrent que les agents en charge des passeports n’ont pas fait mieux, malgré leur expérience et leur entrainement, a expliqué à Eurekalert le psychologue David White, qui a dirigé l’étude. Ils ont fait un grand nombre d’erreurs, autant que les étudiants inexpérimentés que nous avons testés».

Un citoyen lambda aurait donc en moyenne autant de chances qu’un agent pour reconnaître un usurpateur de passeport. Pour surmonter le problème, l’étude suggère que les personnes qui postulent à ce type d’emploi soient soumises à un test pour s’assurer de leur efficacité.

Au cours de l’enquête, certains agents ont en effet obtenu 100% de bonnes réponses. Interviewé par Eurekalert, le psychologue David White estime que:

«cela signifie que la sécurité pourrait être considérablement améliorée en utilisant des tests d’aptitude pour sélectionner les personnes recrutées pour des professions qui impliquent la vérification de photos d’identité ».

A la suite de cette étude, le Bureau australien des passeports a mis en place un système de recrutement qui prend en compte ces recommandations.

Quoi qu’il en soit, le métier de contrôleur des photos de passeport pourrait être menacé par l’arrivée de logiciels de reconnaissance faciale toujours plus performants, remarque Quartz, et ainsi s’ajouter à la liste des professions qui pourraient succomber en premier à la prise de pouvoir des machines.

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