Monde

Les régimes autoritaires du monde entier se régalent des troubles à Ferguson

Temps de lecture : 2 min

Des policiers de Ferguson surveillent des manifestans le 19 août 2014 | REUTERS / Joshua Lott
Des policiers de Ferguson surveillent des manifestans le 19 août 2014 | REUTERS / Joshua Lott

Avec les tirs de gaz lacrymogènes et les policiers équipés d'armes militaires qui secouent une ville américaine, les états autoritaires -qui sont normalement critiqués par les Etats-Unis pour leur répression des manifestations populaires- ont le champs libre pour inverser les rôles. L'Egypte est ainsi le dernier pays à exprimer sa profonde préoccupation sur la suite de ces événements, comme le rapporte le journal égyptien Daily News:

«Un porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères égyptien, qui répondait à l'agence de presse gouvernementale MENA, a déclaré que le Ministre "suivait de près l'escalade des protestations dans le ville de Ferguson mais aussi les répressions policières".

Le porte-parole s'appuie sur les commentaires du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, qui appelait lundi [18 août] à "une position internationale commune sur ces événements" ainsi qu'à une "retenue et un respect du droit au rassemblement et à la liberté d'expression pacifique".»

Cet appel à la «retenue» est sans aucun doute un écho au type de déclarations prononcées par les Etats-Unis lors des manifestations anti-gouvernement qui se sont déroulées en Egypte.

Les Égyptiens ne sont d'ailleurs pas les seuls. L'agence de presse gouvernementale chinoise Xinhua a ainsi écrit que «les divisions raciales demeurent une maladie chronique bien enracinée qui continue de diviser la société américaine» et que «les Etats-Unis doivent d'abord régler leurs problèmes avant de pointer du doigt les autres nations». Le Ministre des Affaires Etrangères russe a sommé «[ses] partenaires américains de s'occuper de restaurer l'ordre dans leur propre pays avant d'imposer aux nations leur expérience douteuse.» L'agence de presse iranienne FARS, elle, couvre de manière intensive ce qu'elle appelle une «zone de guerre» à Ferguson.

Bien entendu ces déclarations servent uniquement leurs auteurs, et même si la situation dans le Missouri est désastreuse, elle ne doit en aucun cas minimiser ou justifier la répression politique qui existe dans ces pays.

Mais ce n'est certainement pas une mauvaise chose d'avoir, de temps en temps, un point de vue extérieur sur ce qu'il se passe aux Etats-Unis.

Joshua Keating Journaliste

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