Tech & internet / Sciences

Faut-il donner des personnalités aux robots? (Et si oui, lesquelles?)

Temps de lecture : 2 min

Extrait du film Wall-E
Extrait du film Wall-E

La question peut paraître de l'ordre de la science-fiction, comme le note d'ailleurs le Boston Globe qui y consacre un long article, mais elle est en réalité prise très au sérieux par les spécialistes de l'informatique et de la robotique.

Ces derniers réalisent en effet de nombreuses expériences afin de déterminer s'il faut doter les machines d'une personnalité, afin notamment d'harmoniser les relations entre nous autres, humains, et ces objets programmés.

Et aussi surprenant que cela puisse paraître, il ne suffit pas que le robot soit sympa pour qu'il nous plaise. Des chercheurs de Singapour ont en effet démontré que nous avions des attentes différentes en fonction des tâches que les robots sont censés accomplir. Ainsi, une machine devant effectuer le travail d'une infirmière sera mieux perçue avec une personnalité «confiante et extravertie», rapporte le Boston Globe, quand une autre devant remplir un travail de surveillance devra à l'inverse être «plus réservée».

Une autre expérience menée par des roboticiens de l'Université de Sud Californie indique aussi qu'une machine dont la fonction est d'aider des personnes à accomplir des exercices de réhabilitation physique sera mieux reçue des personnes introverties si elle manifeste de la compassion, et plus efficace à l'inverse en coach militaire avec des individus plus extravertis.

En clair, l'interaction homme-robot n'est absolument plus laissée au hasard. Et ce d'autant moins que les machines intelligentes nous accompagnent de plus en plus souvent dans notre quotidien.

Certes, on est encore loin de l'intelligence artificielle au sens où l'entendent Spielberg ou Pixar dans les films de science-fiction A.I. et Wall-E. Mais des objets programmés et toujours plus autonomes cohabitent aujourd'hui avec nous, ce qui aboutit parfois à d'étranges relations: ainsi sur le champ de bataille, comme nous le racontions sur Le Mouv' en 2013, où des soldats se prennent carrément d'affection pour les robots qui les accompagnent sur le terrain.

Ce qui constitue en soi une réponse à ceux qui s'inquiètent déjà, comme le rapporte encore le Boston Globe, de voir l'humanité s'enticher des appareils qui les entourent, une fois ces derniers dotés d'une personnalité. Une personnalité qui serait, qui plus est, plus adaptée à leurs attentes que celles de leurs congénères.

Mais comme l'écrit le site américain, «nous sommes déjà entourés de personnalités artificielles subtilement conçues avec lesquelles nos cerveaux nouent naturellement.» Et de donner quelques exemples:

«Les voitures peuvent être conçues pour nous paraître amicales ou méchantes; les théières peuvent sembler timides ou mignonnes.»





Publicité Ikea réalisée par Spike Jonze. Avec en guest, une petite lampe de bureau.

Sans autre effort que notre tendance naturelle à l'anthropomorphisme, nous attribuons déjà tout seul des traits de caractère à n'importre quoi (avouez que vous aussi vous parlez à votre plante/ordinateur/machine à café), comme l'a bien compris par exemple Ikéa dans cette publicité réalisée par Spike Jonze.

Il n'y donc a priori pas à craindre qu'une histoire d'amour à la Her, du même réalisateur justement, se noue entre un humain et son frigo trop cool.

Il est vrai néanmoins que cette réflexion rend toujours un peu plus prégnante l'imminence de l'avénement d'une intelligence artificielle.

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Tout comme d'ailleurs, quand le célèbre physicien Stephen Hawking et certains de ses collègues alertent sur les risques d'une telle intelligence pour l'humanité. Ou quand des chercheurs ont annoncé en avril 2014 avoir franchi un pas important dans la robotique, en faisant en sorte que des ordinateurs s'apprennent mutuellement à jouer à Pac-Man...

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