Histoire

«À tous les journaux libres de Paris...»: relisez la toute première dépêche AFP de l'histoire, publiée le 20 août 1944

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 20.08.2014 à 10 h 47

Repéré sur AFP

Devant le siège de l'Agence France Presse, à Paris. REUTERS.

Devant le siège de l'Agence France Presse, à Paris. REUTERS.

Vous la lisez peut-être tous les jours (parfois sans le savoir, son travail étant repris par de très nombreux sites d'information), vous parcourez aussi peut-être son blog Making-of, où ses journalistes racontent les coulisses de leur travail: née le 20 août 1944, l'Agence France-Presse fête aujourd'hui ses 70 ans. Voici le texte de sa toute première dépêche, datée de ce jour-là à 11h30, tel qu'il était reproduit pour les 60 ans de l'agence, en 2004, par la mairie du IIe arrondissement de Paris, qui accueille son siège, ou en 2009 sur son blog par le journaliste de Libération Florent Latrive:

«À tous les journaux libres de Paris. Grâce à l'action des Forces Françaises de l'Intérieur, les premiers journaux libres vont paraître, à la veille de l'entrée des troupes alliées, dans Paris presque entièrement libéré.

 

L'Agence Française de Presse leur adresse aujourd'hui son premier service.

Au moment où des combats se livrent encore dans la ville, et où tombent de nombreux combattants de la liberté, nous saluons tous nos camarades de la presse, disparus, emprisonnés et déportés, et notamment nos 21 collaborateurs tombés dans les mains de la Gestapo.

 

Au service de tous les journaux libres, l'Agence Française de Presse assurera, avec l'objectivité stricte qui est le devoir d'un organisme d'Information, la diffusion de nouvelles scrupuleusement contrôlées et recoupées, qui, en attendant l'installation d'une censure militaire, ne doivent en rien gêner la marche des opérations sur différents fronts.»

L'agence elle-même vient de raconter sa naissance dans une dépêche. Le 20 août 1944, un petit groupe de résistants investit le siège de l'Office français d'information (OFI), qui a remplacé l'agence Havas place de la Bourse:

«"Je suis monté dans cette agence où j'avais fait mes débuts de jeune journaliste. J'ai prononcé les paroles: 'Au nom de la République, nous prenons possession!'", témoignait Gilles Martinet en avril 1996. "Rapidement, nous avions mis en marche l'Agence, envoyé des reporters à l'Hôtel de Ville, à la Préfecture de police, et un peu partout dans Paris. Les téléscripteurs fonctionnaient, la plupart des journaux se trouvaient dans cette partie de Paris, libérée des Allemands: nous avons pu envoyer très vite notre premier télégramme".»

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