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- Par Jean-Marie Colombani
- Jean-Marie Colombani est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste et essayiste, il a été directeur du journal Le Monde de 1994 à 2007. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont récemment Un américain à Paris.
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Jean-Marie Colombani
Jean-Marie Colombani est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste et essayiste, il a été directeur du journal Le Monde de 1994 à 2007. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont récemment Un américain à Paris.
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L'Italie à la dérive par Jean-Marie Colombani
Dans une démocratie normalement constituée, Silvio Berlusconi aurait été contraint à la démission.
Dans l'un de ses premiers films, Bianca, le cinéaste Nanni Moretti met en scène une équipée improbable de l'ensemble des professeurs du tout aussi improbable lycée Marylin Monroe, initiative de leur proviseur; ils s'engouffrent dans un bus pour une excursion qu'ils entament en chantant à tue-tête «dieci belle ragazze» (dix jolies filles). Comme les professeurs sont tous de sexe masculin, on se dit que là est l'idéal du mâle italien: avoir autour de soi dix jolies filles! C'est ce rêve qu'incarne évidemment Silvio Berlusconi. Et c'est peut-être le souvenir de cette chanson qui explique l'indifférence apparente d'une majorité de l'opinion italienne à l'endroit des frasques du chef du gouvernement. Indifférence qui contraste avec la nervosité et l'indignation que suscitent les moeurs berlusconiennes notamment dans la presse anglo-saxonne.
Frasques: est-ce bien le mot? La lecture de la presse italienne donne en tous cas chaque jour, comme un véritable feuilleton, des éléments qui, dans une démocratie normalement constituée, devraient conduire un responsable politique ailleurs que dans un palais gouvernemental. Au départ, il était question d'une liaison supposée avec une jeune fille mineure, révélation qui a aussitôt entrainé, de la part de l'épouse de Silvio Berlusconi, une demande de divorce. Puis il est apparu que la villa Certosa que Berlusconi possède en Sardaigne abritait, l'été, des fêtes auxquelles étaient conviées des jeunes femmes rétribuées pour la circonstance.
Enfin, il ressort désormais d'une enquête conduite à Bari et qui vise un homme d'affaires plus ou moins recommandable, qui était manifestement chargé de faire venir en Sardaigne plus de «dix belles jeunes femmes», il ressort donc que de la cocaïne circulait en abondance pendant ces fêtes. Ces simples énoncés, qui figurent dans des dépositions recueillies par des magistrats, ont, à l'endroit de n'importe quel citoyen de n'importe quel de nos pays de l'Union Européenne, un caractère délictueux. Mais Berlusconi n'en a cure: «pas de délit, pas d'excuses, est-ce clair?» a-t- il coutume de dire et de répéter.
Fort de la popularité dont il continue de jouir, il explique au contraire qu'il fait l'objet d'un complot ourdi par ses adversaires, magistrats et journalistes. Et, comme pour se prévenir contre d'autres révélations, il annonce que ses adversaires essaieront de l'écarter du pouvoir à la rentrée. Il en profite pour attaquer le seul journal télévisé qui échappe encore à son contrôle, celui de la 3ème chaine de télévision publique. Et il explique que dans aucun pays il n'est toléré qu'une chaine du service public puisse attaquer le chef du gouvernement... La vérité est que Silvio Berlusconi, qui s'était fait une spécialité de faire voter par la majorité qui le soutient des lois de nature à lui permettre d'échapper à d'éventuelles poursuites judiciaires, se comporte désormais comme si l'exercice de son propre pouvoir ne devait être enfermé dans aucune limite.
Pendant ce temps, le Produit intérieur italien recule de 6% et le chômage continue d'augmenter; et le débat politique se focalise autour de la question de l'immigration. Deux nouvelles lois viennent d'entrer en vigueur: l'une qui autorise des rondes organisées par les municipalités qui le souhaitent, officiellement pour des actions de prévention de la délinquance, mais qui ciblent plus sûrement l'immigration clandestine. L'autre texte fait d'ailleurs de l'immigration clandestine un délit et fait obligation de dénoncer la présence de clandestins.
Le débat est toutefois intéressant car il oppose de plus en plus Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés et ancien leader de l'Alliance nationale, à Umberto Bossi, sénateur et président de la Ligue du Nord. A l'initiative du Président de la république et de Gianfranco Fini, relayés par des prises de paroles venues du centre-droit, des arguments sont avancés en défense de l'immigration, plaidant un traitement humain de celle-ci et rappelant, comme vient de le faire Ginfranco Fini, qu'il n'y a pas si longtemps les Italiens, y compris les Italiens du nord de Italie, immigraient clandestinement en France ou aux Etats-Unis.
Réplique de Bossi: «Nous partions pour travailler et non pas pour assassiner!». En une phrase tout est dit du climat de haine attisée en permanence par la Ligue du nord. Et il ne se passe pas de jours sans que la presse italienne ne soit conduite à rapporter des incidents ou des agressions dont le caractère raciste ne fait aucun doute.
C'est là toute la difficulté de Berlusconi, dont la coalition est devenue par trop dépendante du poids de la Ligue du nord. Ce qui conduit à extrêmiser constamment des positions qui, autrement, seraient celles de toute droite conservatrice européenne. Mais le président du Conseil italien semble résigné à cette situation, bien plus préoccupé, il est vrai, par la défense de son image personnelle.
Ainsi, il vient d'approuver la dernière en date des propositions choquantes de la Ligue du nord qui consiste à moduler les salaires en fonction du niveau de vie, introduisant par là même une discrimination évidente à l'endroit des habitants des régions du sud de l'Italie: le revenu moyen le plus bas est celui de la région Campanie, par opposition au plus élevé qui est celui de la Lombardie. A cette logique contraire à toute notion d'unité nationale s'ajoute la guérilla menée par la Ligue du nord contre tous les symboles, voire toutes les commémorations qui pourraient remettre à l'honneur l'unité italienne. Ainsi de plus en plus le prix à payer pour le maintien de Berlusconi au pouvoir est celui de l'unité italienne elle-même.
Le mystère dans cette situation reste le soutien persistant que lui accorde l'Eglise catholique, soutien sans lequel il serait vite en difficulté dans l'opinion. Ici et là des voix épiscopales se sont élevées, mais rien qui traduise un changement dans la nature politique des relations qui, entre le Vatican et Berlusconi, ont permis à ce dernier de constituer autour de lui une large coalition, à ce stade toujours majoritaire.
Jean-Marie Colombani
Image de Une: Silvio Berlusconi  Giampiero Sposito / Reuters
A lire aussi sur le même sujet: de Marc Lazar, Berlusconi, l'insubmersible
et de Cesare Martinetti, Berlusconi, le président qui aimait (trop) les femmes.
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Comments
Atavismes
Mr Colombani insiste a juste titre sur la grave problématique politique en cours, plutôt que - comme la plupart des éditorialistes - sur les frasques scabreuses de Mr Berlusconi, et on sait ce qu'il en est. Cela étant dit, et juste pour ouvrir une parenthèse, les français ont eu dans un passé pas si lointain des responsables politiques qui auraient également dû démissionner pour des faits graves mais connus exclusivement de l'élite. On le sait bien. Simplement - et la différence est là - en Italie tout se sait, tout est voyant et un peu démultiplié, tout est étalé sans 'vergogna', alors qu'en France règne une hypocrisie de bon aloi qui nous autorise - une fois de plus - à se poser en donneurs de leçon. Passons.
J'ai vécu en Italie il y a une vingtaine d'années et j'ai longtemps crû - par naiveté sans doute - que le pays saurait se réformer grâce à une capacité d'adaptation légendaire. J'ai vite déchanté après quelques lueurs d'espoir vite éteintes. L'opération Mains Propres du milieu des années 90 n'aura été qu'un feu de paille. Le pays retourne à ses vieux démons. C'est ce qu'on appelle l'atavisme : L'Italie reste l'Italie, la Russie reste la Russie, quelle que soit le type de gouvernement en place. C'est un peu triste.
Ce qui m'avait malheureusement frappé c'est - je suis désolé de caricaturer - un manque crasse de culture ou d'intérêt politique même dans les classes aisées de la société. Je me souviens de personnes a Milan soutenant sans problè_me les ligues, mais sans aucune reflexion de fond, sans aucun recul. Un peu comme un reflexe gratuit sans se poser la moindre question sur les conséquences. Tout cela assez dramatique.
Ce pays ne mérite plus son passé.
Pour l'anecdote, j'ai revu dernièrement le sublissime 'Les aventures de Pinocchio' de Luigi Comencini, qui dresse un tableau misérable et émouvant de la jeune Italie des années 1880. Tout l'espoir était alors permis, car on partait de rien...Aujourd'hui - en effet - c'est la dérive totale.
Quel avenir pour l'Italie de Berlusconi?
Après ce brillant exposé de Mr Colombani, une Italie en proie à des séparatismes qui ont pignons sur rue, un PIB en berne, un chômage en hausse, le retour de milices d'auto-défense, une classe politique qui a perdu tout crédit quant à son efficacité à lutter contre la crise, un racisme qui n'est certes pas nouveau mais qui s'amplifie et voire même se normalise au sein de l'opinion publique et bien entendu le 4éme pouvoir bâillonné... Ou cela mênera donc l'Italie?
Vers la division? scénario possible tant la rupture Nord/Sud s'agrandit, car aller dire à un Milanais qu'il vaut un Napolitain!
Vers une Italie unie gouvernée par un camouflet de démocratie? N'est-ce pas déjà le cas aujourd'hui?
Enfin, je n'ose prononcer le mot "fascisme" mais la situation italienne me semble assez similaire, Ã celle de l'entre-deux guerres, il suffit de se promener dans Rome pour voir dans les restaurants et dans les boutiques, des portraits de Mussolini et cela ne choque personne...
Que diriez vous si en entrant dans un restaurant en France, vous voyez le portrait de Pétain sur le mur, continueriez-vous à manger ici?
Ainsi l'Italie semble être dans une mauvaise passe, peut-être même une impasse, mais comme l'énonce le commentaire précédent, l'Italie c'est l'Italie
ne perdons pas confiance dans les italiens
On a parlé d'un miracle italien il y a quelques dizaines d'années et ce pays a prouvé ses capacités d'adaptation économique.
quant au politique, il a moins d'importance pour les italiens que pour nous. La scène politique, c'est un peu pour eux la comedia dell'arte ... un bon spectacle, très amusant. Certes, cette attitude est dangereuse et le dédain du politique peut mener à la dictature.
Mais enfin, n'accordons nous pas a contrario trop d'importance à M Berlusconi et à es frasques ?
Icônes
Je voulais revenir sur un point soulevé précédemment par Zinheim : 'des portraits de Mussolini ça ne choque personne'.
C'est vrai c'est un peu déconcertant, je n'ai jamais eu le sentiment qu'on accordait a cette période la gravité sinistre qu'elle méritait. Une des forces de l'Italie est d'ailleurs qu'elle ne s'attarde pas - pas assez probablement - sur son passé, il n'y a pas d'autoflagellation comme en France. On vit beaucoup plus dans le présent que chez les français. Certes on trouvera toujours des livres critiques sur cette période comme ailleurs en Europe. Mais j'ai toujours eu le sentiment que cet épisode de l'histoire italienne avait été parfaitement digéré et - dans certains cas en effet - revendiqué. Sans grande honte d'ailleurs. Cela me rappelle cette fameuse grotte près de Naples dont la silhouette rappelle le faciès du Duce, je me souviens du guide très fier y faisant allusion...Le culte du sport, d'une certaine masculinité et une certaine fierté y est pour beaucoup, et donc le spectre de Mussolini n'effraie pas grand monde, franchement. Déjà au début du XXè siècle il n'était pas rare de trouver dans les foyers au dessus du buffet l'image de Giolitti, longtemps Président du Conseil et sorte de 'père protecteur' à cette époque. Et trônant souvent a coté d'une image de la Madonne. Pas de problème. Il n'y a pas qu'en France où on aime les hommes providentiels...
reponse sur ce point precis
Si en Italie certaines personnes ont du mal a avoir un point de vue critique sur le fascisme (euphémisme), c'est tout simplement parce qu'ils sont fasciste encore aujourd'hui, et beaucoup (une minorité quand même) le revendique sans vergogne. Ce n'est pas un manque d'analyse du passé, mais plutôt une mauvaise (à mon point de vue) analyse du passé.
Le parallèle n'est pas totalement judicieux, mais il me semble qu'en France, lorsque l'on étudie la seconde guerre mondiale à l'école, on glisse un peu vite sur le chapitre Pétain et Compagnie pour s'étendre beaucoup plus longuement sur le chapitre de Jean moulin et de la résistance... Ceci est un manque délibéré d'analyse du passé, et à mon avis, venant de l'éducation nationale, c'est encore plus grave qu'une mauvaise analyse venant d'un citoyens.
UcCaBaRuCcA
Anomalies Berlusconienne ou italienne?
L'Italie n'est pas un régime fasciste. Mais, depuis des années, l'idée que l'Italie de Berlusconi soit belle et bien un "régime" a fait son chemin dans l'intelligentsia italienne libérale, la seule dans laquelle je me reconnais aujourd'hui en Italie (G. Sartori, M. Travaglio) . Le contrôle des médias est la principale critique que ces "rebelles de la droite" font à Berlusconi.
Il est réducteur de limiter l'incompatibilité du personnage Berlusconi aux frasques sexuelles étalé sur les journaux ces derniers mois. Rappelons ici les principaux faits (uniquement ceux prouvé lors de procès) qui rendent Berlusconi inéligible, sinon du point de vue légale, au moins du point de vue morale:
- Pour commencer son père, Luigi Berlusconi, était un des dirigeants de la petite banque milanaise Banca Rasini, dont les principaux clients étaient Pippo Calò, Toto Riina, Bernardo Provenzano qu'on ne présentent plus.
- L'origine de la fortune de Berlusconi n'a jamais été expliqué par l'intéressé ni élucidé par les experts.
- Berlusconi a employé de 1973 à 1975 dans sa demeure un homme de Cosa Nostra (arrêté et condamné plusieurs fois, avant et après avoir travaillé chez Berlusconi), Vittorio Mangano, tête de pont de l'organisation criminel dans le Nord de l'Italie.
- Le bras droit de Berlusconi et le créateur de Forza Italia (ancien Polo Delle Libertà PDL), Marcello Del'Utri, a été condamné a 9 ans de réclusions pour -je cite la sentence du tribunal de Palerme- avoir contribué a une "concrète, volontaire, consciente, spécifique et précieuse contribution au maintien, à la consolidation et au renforcement de Cosa nostra".
- Le conflit d'intérêt entre le rôle de premier entrepreneur du pays et celui de premier dirigeant politique
Malgré tout, l'Italie reste un régime démocratique, et je pense que l'anomalie n'est pas tant en Berlusconi (vous avez en France des personnages similaires...) mais dans le peuple italien qui le vote malgré le fait que toutes les informations énoncé ci dessus soient connues, pas franchement diffusé à grande échelles, mais tout de même disponible aux communs des mortels. C'est pour cette raison que, comme le premier commentaire, je ne crois pas que l'Italie puissent évoluer dans les prochaines années: le problème n'est pas seulement la classe politique, mais bien la mentalité diffuse dans la population, dont la classe politique italienne est le parfait reflet. Heureusement, de gauche (en prévalence) comme de droite (trop peu malheureusement), les critiques contre ce manque de sens de l'État et cette conception individualiste de la politique fusent de la part de la jeunesse, ce qui laisse un timide espoir pour le futur.
Pour élargir la vision du problème politique italien, il faudrait aussi revenir sur la formation de cet état, né pratiquement par hasard, dans le sang, et de la volonté d'une élite restreinte. L'unité d'Italie vient du haut et n'a jamais donné la sensation qu'elle était le fruit d'un processus séculaire et naturel d'unification sociale et politique.
UcCaBaRuCcA
Il gattopardo
Parler de « mystère » à propos de la situation italienne reflète un refus de voir dans l’Italie autre chose que le fantasme de la Renaissance, du Risorgimento et du Bel Canto.
Aucune surprise, en revanche, pour qui connaît un tant soit peu la vraie Italie. TOUT, dans la culture nationale, fait référence aux gloires passées de Rome, aux « famiglie », aux manœuvres qualifiées de « machiavéliques », à l’irrédentisme. Les Italiens sont avant tout des méditerranéens, très traditionnalistes et très soumis à une hiérarchie basée sur le pouvoir de la force ou de la richesse (les deux s’accordent d’ailleurs souvent…). La Mafia n’est que le reflet de cette soumission, non seulement pas toujours involontaire, mais le plus souvent admirative. N’oublions jamais que ce sont les Italiens qui ont inventé le fascisme, tout simplement parce que, dans leur majorité, ils appellent de leurs vœux ce type de gouvernance.
@Robinson
Les Italiens sont avant tout des méditerranéens, très traditionnalistes et très soumis à une hiérarchie basée sur le pouvoir de la force ou de la richesse (les deux s’accordent d’ailleurs souvent…). La Mafia n’est que le reflet de cette soumission, non seulement pas toujours involontaire, mais le plus souvent admirative. N’oublions jamais que ce sont les Italiens qui ont inventé le fascisme, tout simplement parce que, dans leur majorité, ils appellent de leurs vœux ce type de gouvernance.
Le chinois est fourbe, l'allemand discipliné, le français débrouillard et le belge lourd....
L'idéologie qui voulait qu'un peuple possède des caractéristiques qui lui seraient spécifiques me semblait un peu passer de mode depuis 1945.
El Gato
@ el gato
Idéologie????
Mode????
1945????
Non: simple observation de tendances culturelles: je parle bien ici des coutumes, d'une manière de vivre.
Il est évident que les aspirations des peuples ne sont pas toutes les mêmes. Sans cela, depuis belle lurette, il n'y aurait plus ni langues ni frontières. On ne peut pas louer les Italiens pour leur côté artistique, par exemple, et dans le même temps nier l'organisation sociale qui en est à l'origine.
Pour en revenir à mon précédent post, "Le Guépard", de Lampedusa, préfigurait parfaitement l'Italie d'aujourd'hui.
stéréotype ou pas?
comme disait mon professeur de géographie : "sous chaque stéréotype se cache une part de vérité"
Tout comme le montre Robinson, nier les différences culturelles c'est nier l'histoire et la culture même du pays, c'est nier son existence même en tant que peuple! Pour prendre l'exemple de la Russie, ce n'est pas un hasard si ceux-ci aiment dans leurs grande majorité un pouvoir fort à une seule tête ( c'est un héritage du passé et une de leurs spécificités ) de Pierre le Grand à Poutine!
Et c'est la même situation en Italie, nier le particularisme c'est nier le peuple, les italiens sont et resteront amoureux d'une notion sacrée du pouvoir, l'homme providentiel en quelques sortes...
@Zinheim
comme disait mon professeur de géographie : "sous chaque stéréotype se cache une part de vérité"
Ce n'est sans doute pas faux mais est-ce une vérité sur la culture qui est l'objet de ce stéréotype, ou une vérité sur la culture qui en est à l'origine. Autrement dit est-ce que ce qui est une vérité c'est que les italiens "sont et resteront amoureux d'une notion sacrée du pouvoir, l'homme providentiel en quelques sortes...", ou que ce soit une idée sur l'Italie, largement répandue dans un pays qui dans son histoire récente a acclamé successivement Pétain et de Gaulle ? :~)
Je pense plus prosaïquement que l'on est en Italie devant le même phénomène qu'aux Etats-Unis: la limite de la démocratie c'est le contrôle de la télévision associé à des moyens financiers illimités. L'élection puis la réélection de G.W. Bush ou aujourd'hui les difficultés auxquelles se trouve confronté Obama avec sa volonté de réformer le système de santé me semblent participer du même phénomène que le succès de Berlusconi. Le contrôle de l'information.
El Gato
Comédies de mœurs à l'italienne
Il y a cet été à Paris, beaucoup de comédies italiennes de "l'âge d'or" qui ressortent en salles (années 60).
Par exemple "Divorce à l'italienne" (Divorzio all'Italiana) ou "Ces messieurs dames" (Signore e signori), ce dernier particulièrement mordant quant aux travers du pays -- machisme, affairisme, corruption, impunité des "notables", religiosité de façade-- dénoncés par des réalisateurs Italiens.
Rafraîchissant et éclairant, bien que ces films datent à présent de près de 50 ans.
sommes nous si parfaits pour critiquer nos amis italiens
Beaucoup de commenatires sur l'Italie mais on oublie notre Président People et que dire de son impolitesse passer des SMS lors de réception officielle à l'étranger, que dire du pouvoir d'insulter mais de porter plainte pour des picadilles que dire de faire licencier un rédacteur en chef d'un magazine pour avoir révélé le compagon de son ex-épouse mais pas que M.Sarkozy idem pour M. Chirac et ses emplois fictifs et autres, idem pour M.Miterrand et sa fille protégée par le contribuable. Pour la période Mussolini nous avons nos collabos dont certains ont eu des postes clés bien après guerre, dont M Papon et que dire de sa libération pour paraît-il un pb de santé etc alors restons humbles et surtout arrêtons de casser de l'Italie bien sur M.Berlusconi n'est pas à un dérapage près avons nous le droit de juger.
L'article de M.Colombani reste intéressant sur la partie politique pour la partie frasque je necrois pas que l'Italie est le seul pays où les politiques "dérapes"
ne pas confondre paille et poutre
bonne soirée.
MAYOMBE
Le prix à payer
Le prix à payer pour maintenir Berlusconi au pouvoir c'est le démantèlement du Pays,sa civilisation,son unité,sa culture,qui n'est plus juridique,mais du plus fort.Les barbares du troisià me millennaire pour saccager un pays n'ont plus besoin d'armes et d'attaques sauvages:il leur suffit de manipuler l'opinion publique.Et ils font main bassa de tous les biens du PaysC'est ce que fait berlusconi,qui maitrise,dirige et domine toutes les TV et la presque totalité des moyens de communication.Le Pays est à genou socialement,économiquement,moralement mais des écrans des Tv berlusconiennes arrivent des annonces assourdissantes des miracles du patron et cela depuis 15 ans.Un pays non informé est un Pays condamné.Pour le moment c'est le sort de l'Italie berlusconienne.si elle n'éteint ses TV mensongères qui cachent la réalité et offrent la téléréalité patronale
Patrizia Chiara
Non!
L'unité de notre pays c'est nous qui la faisons, comme c'est parce que la pays n'est pas uni ni "civilisé" que des personnes comme Berlusconi gagnent des élections tout en étant patron de media.
La culture de l'Italie n'est que de la poussière derrière laquelle nous nous cachons pour éviter de grandir, de mûrir en tant que peuple et assumer nos responsabilités en tant que citoyens.
Berlusconi n'e'st qu'un homme habile qui sait comme manipuler une masse divisée entre les fourbes et ceux qui délèguent l'usage de leur cerveaux. C'est la majorité des italiens il paraît...je suis heureuse de faire partie de ceux qui ne l'ont jamais voté mais qui n'ont pas trouvé d'altérnative crédible à ce vieux ridicule et pathétique.
C'est bien triste tout ça.
les éternels poncifs sur l'Italie
Bien sur l'Italie est un pays de sauvages! Merci M.Colombani vous êtes très subtil...
Je lis ces horreurs sur l'Italie depuis toujours (l'Italie est à la dérive tous les ans depuis 150 ans).
Je constate aussi que les médias français sont toujours très conciliants avec le pouvoir en France (Chirac et Mitterrand ont commis des crimes infiniment plus graves que Berlusconi et que Sarkozy contrôle et gère la presse bien plus que Berlusconi) mais sont toujours aussi simplistes et manichéens avec ce peuple de métèques qu'est l'Italie!
Au lieu de réfléchir, vous avez décidé de caricatuer ce qui est déjà une caricature. Vous parlez de ce qui a dans la presse (votre seule vision de l'Italie), pas de la réalité et des faits :
L'italie serait plus raciste ? rien ne le prouve M. Colombani mais en italie la presse parle du moindre fait racistes et est libre...en france, pas d'article pour chaque "sale nègre" entendu en France!
Quand Sarkozy expulse des petits enfants et des gens qui vivent depuis des années en France, Berlusconi et la ligue du nord ont régularisé des millions de clandestins.
Le chomage en Italie ? moins élevé qu'en France, Allemagne, Espagne...dirigée par des gouvernements merveilleux pourtant.
Un autre détail ? Pourquoi Berlusconi est au pouvoir ? c'est le seul qui peut gouverner l'italie tout simplement, la gauche ayant pitoyablement échoué il y a seulement deux ans. L'italie n'a pas d'alternatives.