Culture

La fabuleuse histoire des morceaux cachés à la fin des albums

Temps de lecture : 2 min

On doit aux Beatles l’un des premiers morceaux cachés de l'histoire de la pop music: le 2 juillet 1969, Paul McCartney enregistre Her Majesty à la guitare acoustique dans le fameux studio d’Abbey Road. La chanson dure 30 secondes, il n’aura fallu que trois prises.

Elle devait à l'origine figurer entre Mean Mr. Mustard et Polythene Pam sur Abbey Road, qui sera le dernier album enregistré (mais pas le dernier mis en vente) du groupe anglais. Seulement, quelques semaines après, McCartney change d’avis et décide que la séquence ne lui plaît plus tant que ça.

Heureusement, le jeune assistant chargé de mettre bout à bout tous les morceaux ne peut se résoudre à jeter ces 30 secondes. Il l’enlève du passage indiqué et place la piste après 14 secondes de silence à la fin de l’album. La chanson n’apparaît sur aucune jaquette, ni aucune présentation. Il n’aura pas fallu longtemps aux fans pour entendre ce bonus caché et lorsque l’album est épuisé, la réédition mentionne Her Majesty.

Les puristes diront que la première chanson cachée des Beatles figurait sur le White Album, quand McCartney chante Can You Take Me Back entre Cry Baby Cry et Revolution 9. Mais Her Majesty a consacré la pratique consistant à achever un album en y ajoutant un bonus indépendant du reste.

D’autres groupes s’illustreront ensuite en jouant pareillement au chat et à la souris avec leurs fans. En 1979, Pink Floyd cache un message sur The Wall: il faut rembobiner Empty Spaces pour l’entendre.

A tel point que dans les années 90, cette pratique devient presque incontournable pour tout groupe qui sort un nouvel album, souligne le site Wondering Sound. Le CD permet en effet de cacher de la musique beaucoup plus facilement là où, sur un vinyle, les pistes sont bien visibles.

L’une des plus pistes fantômes les plus connues reste Endless, Nameless, placée dix minutes après Something In The Way, qui concluait Nevermind de Nirvana. (La personne chargée du mastering avait même carrément oublié la chanson dans un premier temps.)


Chaque groupe a ses motivations, de la chanson qui ne va pas avec le reste à celle qui ne cherche qu'à provoquer ceux qui l’écoutent. Il y a aussi le groupe qui choisit de remettre un enregistrement de son album précédent en entier à la fin de son nouvel album (Saucer to Saturn, de Boris the Sprinkler).

Ce petit jeu a des conséquences parfois inattendues pour les artistes. La reprise de Can’t Take My Eyes Off You par Lauryn Hill sur The Miseducation of... lui a ainsi valu d’être nommée aux Grammys en 1999.


La reprise de Big Yellow Taxi par les Counting Crows et Vanessa Carlton a elle eu tellement de succès que la chanson est sortie en single.

Depuis 2007, le site internet Hiddensongs.com a pour unique but de lister toutes les morceaux cachés connus ou moins connus, tuant un peu la magie et le suspense.

Et aujourd'hui, surprendre ses fans est devenu d'autant plus difficile qu'il y a YouTube et Soundcloud pour publier les bonus ou des titres exclusifs. Ce n'est donc que lorsque Beyoncé sort 17 clips sans avoir prévenu personne ou que l'acteur Michael Cera décide de publier un album sur la plateforme Bandcamp (en faisant tweeter l'acteur Jonah Hill pour l'annoncer) que les internautes/auditeurs sont véritablement surpris.

Slate.fr

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