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L'automatisation détruit de l'emploi: va-t-elle aussi concurrencer la prostitution dans la décennie à venir?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 18.08.2014 à 10 h 54

Repéré sur Extreme Tech, The Economist

Quels seront les impacts de l’automatisation et de l’intelligence artificielle sur la sexualité humaine?

15 minutes / Alejandro Forero Cuervo via Flick CC License By

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La question de l’automatisation des activités auparavant humaines est le sujet économique brûlant du moment. Récemment, un think tank européen spécialisé dans l’économie a évalué la part d’emplois qui risquaient d’être détruits par pays européen: si la Pologne est exposée à un risque de perdre 56% des emplois existants et l’Espagne 55%, des pays plus tertiarisés comme la France et la Grande Bretagne ne sont pas pour autant épargnés, puisque c’est près de la moitié de leurs emplois qui seraient concernés.

Nous avons traduit sur Slate un article de Will Oremus qui relate les résultats d’une méga-étude réalisée sur le sujet par le Pew Reasearch Center, un institut américain, auprès de 1.900 experts. Dans ce rapport intitulé «Intelligence artificielle, robotique et avenir des métiers», il s’agit surtout de savoir si les «applications d’intelligence artificielle automatisées» détruiront plus d’emplois qu’elles n’en auront créés –et la moitié «pessimiste» des experts a répondu par l’affirmative.

L’un ce ces experts, Stowe Boyd, en charge de la recherche du site GigaOM, écrit que «les partenaires sexuels robotiques seront communs» en 2025. Même s’ils seront «l’objet de dédain et de division», ces robots pourraient se substituer à un métier auquel on pense peu quand on évoque le remplacement de l’humain par la machine: la prostitution. 

Sur le site Extreme Tech, Sebastian Anthony estime que sans être des robots intellectuellement très avancés, «ils pourront probablement être assez bons pour satisfaire la plupart des besoins sexuels». «Au strict minimum, écrit-il, beaucoup de travailleurs du sexe perdront probablement leur emploi». L’un des impacts imprévus de l’automatisation pourrait donc être de réduire l’immense trafic humain que génère la prostitution dans le monde (1 milliard de dollars selon le journaliste).

Dans une enquête de grande ampleur sur la prostitution en ligne, le très sérieux The Economist écrit par ailleurs qu’«Internet a perturbé de nombreux secteurs», et que «le plus vieux d’entre eux ne fait pas exception»: le magazine a calculé que le tarif horaire des services sexuels avait baissé depuis 2006. 

The Economist, 9 août 2014. 

Mais l’enquête de The Economist ne s’intéresse pas à la substitution humain-machine, qui reste de l’ordre de la science-fiction. Les raisons de la baisse des prix observée seraient la baisse du pouvoir d’achat des clients, l’immigration dans les grandes villes et l’impact d’Internet, qui a joué de deux manières: en rendant la prostitution plus sûre et plus discrète, le web a multiplié l’offre, et la profusion d’applis de rencontre a rendu la recherche de partenaire sexuel plus aisée que par le passé, selon le magazine. 

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