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Ebola: qui commande dans le ciel africain?

A l'aéroport International Nnamdi Azikiwe d'Abuja, au Nigéria, le 11 août 2014. REUTERS/Afolabi Sotunde

A l'aéroport International Nnamdi Azikiwe d'Abuja, au Nigéria, le 11 août 2014. REUTERS/Afolabi Sotunde

Qui commande dans le ciel africain? Samedi 16 août le Kenya a officiellement annoncé qu'il allait interdire l’entrée sur son territoire à compter de mercredi 20 août à tous les voyageurs venant des pays les plus touchés par l’épidémie d’Ebola (Guinée, Libéria et Sierra Leone). La compagnie nationale Kenya Airways – qui n’effectue pas de liaison avec Conakry – a aussitôt annoncé la suspension de ses vols à destination de Freetown et de Monrovia, à compter du 20 août.

 Santé publique

«Dans un souci de santé publique, le gouvernement du Kenya a (…) décidé de suspendre temporairement l’entrée au Kenya de passagers venant de, ou étant passés par les trois pays africains touchés par Ebola, à savoir la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia», a déclaré le ministre kényan de la Santé, James Macharia. Une déclaration d’importance, aussitôt reprise par de nombreux médias internationaux dont l’Agence France Presse. Voir ici la BBC et Reuters. La mesure entrera en vigueur mercredi à 00H00 (mardi 21H00 GMT) et concernera tous les points d’entrée du pays.

Seules exceptions: les professionnels de santé impliqués dans la lutte contre l’épidémie et les Kényans revenant dans leur pays depuis ces trois pays. Ces derniers feront l’objet «d’un contrôle approfondi (…) et seront si nécessaire placés en quarantaine».

Les vols à destination du Nigeria et du Ghana continuent d’être assurés, poursuit Kenya Airways qui précise néanmoins se réserver le droit d’annuler ses vols vers une quelconque autre destination, «si la situation l’exigeait».

Que va faire Air France?

Le directeur des services médicaux du ministère de la Santé, Nicholas Muraguri, a pour sa part souligné qu’aucun cas d’Ebola n’avait pour l’heure été recensé au Kenya. Quatre cas suspects se sont tous avérés négatifs, a-t-il expliqué.

Cette forme de mise en quarantaine kenyane des pays touchés va soulever un certain nombre de questions dans le monde des compagnies aériennes. Kenya Airways est pour partie la propriété d’Air-France KLM qui maintient encore une politique contraire. Pour combien de temps?

La décision unilatérale de Nairobi met en lumière l’incohérence de la gestion de l’OMS. Cette dernière vient en effet de classer le Kenya comme un pays «à haut risque» de transmission. Et ce au motif qu’il est un nœud majeur du trafic aérien, et une plaque tournante quotidiennement connectée avec l’Afrique de l’ouest (80 vols par semaine).

Pas d’interdiction

Mais dans le même temps l’OMS vient de rappeler sa position concernant le risque de transmission de la maladie à virus Ebola au cours des voyages aériens, qui reste faible. «Le virus ne se transmet que par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne maladesouligne l’OMS sur son site à la date du 14 août. Généralement, l’état d’un malade d’Ebola est tel qu’il ne peut pas voyager. L’OMS ne recommande donc pas d’interdire les voyages à destination et en provenance des pays touchés.»

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