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En octobre, une comète va effleurer Mars. Voilà comment la Nasa va protéger ses vaisseaux spatiaux

Phil Plait, traduit par Grégoire Fleurot, mis à jour le 14.08.2014 à 9 h 58

La comète ne heurtera pas la planète, mais elle pourra dégager des débris qui, eux, pourraient poser des problèmes.

La comète Siding Spring (en rouge) observée par le vaisseau spatial NEOWISE de la NASA près de la galaxie Fornax A en juillet 2014, NASA/JPL-Caltech

La comète Siding Spring (en rouge) observée par le vaisseau spatial NEOWISE de la NASA près de la galaxie Fornax A en juillet 2014, NASA/JPL-Caltech

Le 19 octobre 2014, Mars va presque rencontrer une comète. Ce jour-là, à 18h21 UTC pour être précis, C/2013 A1, aussi connue sous le nom de «Siding Spring», va passer à seulement 132.000 km de Mars. Soit à deux doigts à l'échelle des planètes, une collision évitée de justesse, une affaire qui se joue à un fil.

Il n'y a pas de doute, elle va rater la planète rouge; on le sait avec certitude. Mais les comètes ne sont pas des astéroïdes; si un astéroïde passe à côté, il passe à côté. Une comète, en revanche, c'est une collection de rochers, de graviers et de poussière qui sont maintenus ensemble par différents types de glace. Quand une comète s'approche du Soleil, cette glace se sublime et se transforme directement en gaz.

Quand cela arrive, d'autres débris se détachent de la comète, formant une tête trouble et une queue longue et large. Tous ces débris, pris ensemble, peuvent s'étaler sur des milliers de kilomètres, voire plus.

C'est donc une bonne chose qu'une collision avec le noyau dur et relativement petit de la comète soit évitée, mais le nuage de débris pourrait tout de même représenter un danger.

A l'heure actuelle, Siding Spring n'est pas vraiment active: elle ne rejette qu'environ 50 litres d'eau glacée par seconde, avec de la poussière et sans doute de minuscules morceaux de roche de quelques millimètres. La plupart de ces détritus va probablement passer à côté de la planète, mais même si l'extrémité de cet ensemble effleure Mars, cela pourrait mettre en danger certains de nos robots.

Pour réduire le risque, la Nasa a ajusté les orbites de ses orbiteurs martiens pour qu'ils soient de l'autre côté de la planète et protégés par son volume quand la menace de la poussière de la comète sera à son comble. La sonde Mars Odyssey a ajusté son orbite le 5 août, Mars Reconnaissance a fait de même le 2 juillet et les planificateurs de l'Agence spatiale européenne sont en train de regarder ce qu'ils peuvent faire avec Mars Express pour assurer sa sécurité.

Qu'en est-il des robots mobiles à la surface de la planète? Ils devraient être en sécurité; Mars a une atmosphère, certes peu épaisse, mais qui devrait empêcher les petits morceaux de débris cosmiques d'entrer en collision avec le sol. Les morceaux plus gros sont plus rares, et il y a peu de chances que quelque chose d'assez gros tombe sur un rover s'il y a bel et bien des impacts.

J'aimerais quand même beaucoup voir quelques petits impacts assez proches de Curiosity pour pouvoir les observer, mais assez loin pour rester en sécurité quand même! Ça serait fascinant.

Soulignons qu'il y a deux sondes spatiales en route pour Mars (MAVEN et MOM). MAVEN devrait arriver juste avant la comète, et les contrôleurs vont ajuster son orbite pour qu'elle évite les débris. J'ai cherché un peu, mais je n'ai pas bien compris ce que les contrôleurs comptent faire avec MOM.

Mon ami Karl Battams a plus de détails sur le blog de la Planetary Society, et le Jet propulsion laboratory (JPL) de la Nasa consacre une partie de son site aux rencontres avec les comètes. Il faudra garder un œil là-dessus. 

Phil Plait
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