Santé

Buvez, c’est bon pour la santé

Temps de lecture : 2 min

Mais modérément. Et sans prendre la voiture après. C'est la conclusion d'un psychologue américain.

mojito 49 / followtheseInstructions via Flickr licence by
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«La preuve que l’abstinence en matière d’alcool peut causer une maladie cardiaque et une mort prématurée est irréfutable.» Cette affirmation du psychologue américain spécialiste de l’addiction Stanton Peele, et l’article entier qu’il consacre dans le Pacific Standard aux bienfaits de la boisson alcoolisée, fera l’effet d’une douche froide à certains, et d’une gorgée de bière bien fraîche à d’autres.

Il n’y a qu’à comparer la santé des Américains à celle des Britanniques (qui boivent nettement plus) pour s’en convaincre, selon lui: ces derniers sont en effet deux fois moins victimes de diabète, de cancer et de maladies cardiaques.

De là à soutenir que c’est l’alcool qui explique cette différence, il y a un pas, que le psychologue franchit allègrement, études à l’appui.

[Il est bon de noter que Stanton Peele est psychologue, et non endocrinologue, cancérologue, ou cardiologue. Et qu'il s'intéresse aux études concernant l'impact de l'alcool dans ces trois maladies, et non l'impact de l'alcool dans les accidents de la route, ou les violences, par exemple.]

En 2006, le journal d’une association médicale américaine, Archives of Internal Medecine, a publié une méta-analyse fondée sur 34 travaux incluant au total un million de sujets, qui concluait que «boire un à deux verres d’alcool par jour pour les femmes et deux à quatre pour les hommes a une relation inverse avec la mortalité totale», rapporte-t-il.

En revanche, boire dix verres le vendredi et le samedi soir ne revient pas à en boire deux ou trois quotidiennement, précise le psychologue: la défonce à l’alcool (binge-drinking) n’entre pas dans la catégorie des comportements sains. Confondre les deux serait une grave erreur.

D’autres études ont montré qu’il existait une relation inverse entre consommation d’alcool et risques d’être atteint d’une insuffisance coronarienne, et qu’une consommation modérée d’alcool pouvait réduire les risques de maladies cardiovasculaires.

Pour Stanton Peele, les campagnes de prévention contre l’alcoolisme, qui alimentent une psychose autour du breuvage dionysiaque, sont donc contre-productives. Elles encouragent les individus à faire des efforts surhumains pour s’abstenir de boire, ce à quoi «les gens échouent fréquemment, pour s’engager dans la forme de consommation la plus risquée, qui consiste à se saouler». Ce qui n'est pas bon pour la santé.

Slate.fr

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