Santé / Sciences

La symétrie du visage est jugée sexy, mais pas pour les raisons qu'on croit

Temps de lecture : 2 min

Facial symmetry Braus 1921 396 via Wikimedia Commons
Facial symmetry Braus 1921 396 via Wikimedia Commons

Si on en croit les expériences réalisées sur photos, les visages les plus symétriques sont aussi jugés les plus attirants. La symétrie est tellement omniprésence dans le règne animal qu'il est difficile de penser qu'il s'agit d'une coïncidence. Elle a été évoquée par le mathématicien George David Birkhoff au début du XXe siècle pour expliquer la beauté des oeuvres d'art, et il existe même une étude qui relie le nombre d'orgasmes d'une femme en fonction de la symétrie de son partenaire...

Jusqu’à présent, cette affirmation semblait évidente car, pour la psychologie évolutionniste, la symétrie est le révélateur d’une bonne santé. Elle serait selon ces chercheurs un signe que nous n'avons pas été victimes de troubles du développement lors des premières années de vie.

Mais une équipe de chercheurs britanniques a décidé de ne pas prendre cette affirmation pour argent comptant et de comparer la symétrie des visages de 4.732 sujets âgés de 15 ans et 16 ans avec leur état de santé, régulièrement documenté depuis leur naissance dans le cadre d’une étude longitudinale. Or, ils n’ont trouvé aucune relation concluante entre une asymétrie du visage et la survenue de maladies infantiles, ni avec un poids trop faible à la naissance ou un IMC trop élevé, tous deux facteurs de risques de développer de nombreux problèmes de santé.

Conclusion donnée par David Lawson, anthropologue évolutionnaire et coauteur de l’étude, relayée par le site Live Science:

«Choisir un conjoint avec un visage relativement symétrique serait une méthode très inefficace de sélectionner un partenaire en bonne santé ou intelligent dans la population générale.»

Alors pourquoi ce mythe persiste-t-il?

Il se peut que les maladies ayant été plus fréquentes chez nos ancêtres, et l’éventail des niveaux d’asymétrie du visage plus étendu comme conséquence de ces maladies, les individus se seraient reposés sur cet indice pour juger de la santé de leurs semblables.

Une des conséquences serait que l’habitude inconsciente de repérer des asymétries mineures s’est perpétuée, même si elles ne correspondent pas à des troubles génétiques importants, et ne sont donc pas (ou plus) l’indice d’un état de santé dégradé.

Slate.fr

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