L'Etat islamique est en train de réussir sa campagne de recrutement et de communication mondiale

Un militant d'EIIL à Racca le 29 juin 2014, REUTERS/Stringer

Un militant d'EIIL à Racca le 29 juin 2014, REUTERS/Stringer

Combien y a-t-il de sympathisants des djihadistes de l'Etat islamique (anciennement EIIL) à Londres? C'est une question que doivent se poser avec inquiétude les autorités du pays en ce moment.

Le 7 août, The Guardian rapportait, photos à l'appui, qu'un drapeau noir avec des inscriptions en langue arabe blanches similaire à ceux brandis par le groupe djihadiste avait été accroché à l'entrée d'une cité de l'est de Londres près du quartier d'affaires de Canary Wharf, accompagné de drapeaux palestiniens.

Des journalistes du journal qui se sont approchés de la cité ont été insultés et menacés par un groupe de 20 jeunes. Quand ils ont demandé à des habitant s'il s'agissait d'un drapeau de l'Etat islamique, l'un a répondu «c'est simplement le drapeau d'Allah» tandis qu'un autre a demandé «qu'est-ce que ça ferait si c'était le cas?».

Quelques jours plus tard, c'est le Financial Times qui rapporte que des dizaines de tracts pro-Etat islamique enjoignant les musulmans à prêter allégeance au groupe et à se rendre en Syrie et en Irak ont été distribués sur Oxford Street à Londres, la rue commerçante la plus fréquentée d'Europe. Plusieurs utilisateurs de Twitter ont publié des photos des tracts en question:

«La diffusion de documents pro-Etat islamique à travers l'Europe inquiète de plus en plus les patrons du renseignement, qui estiment que la menace posée par des djihadistes liés à EIIL est l'une des plus sérieuses à l'heure actuelle pour les occidentaux», écrit le quotidien de la City, selon qui plus de 3.000 Européens, dont plus de 500 Britanniques, ont rejoint des groupes extrémistes en Syrie et en Irak, dont l'Etat islamique.

Le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve a estimé ce mercredi 13 août qu'il y avait «900 djihadistes français» en Syrie et en Irak.

Sur le blog Worldviews du Washington Post, Adam Taylor écrit que l'Etat islamique, qui s'est lui-même renommé deux fois et qui a semé la confusion dans les médias sur la manière dont il fallait l'appeler, est en train de réussir sa campagne de communication mondiale:

«Ce qui est vraiment inquiétant, c'est que malgré la confusion autour de son nom, la “marque” Etat islamique semble très solide, et mondiale. [...] Un Américain a été arrêté à l'aéroport de New York après que les autorités ont été averties de ses tweets pro-Etat islamique. Le groupe a commencé à publier des vidéos en hindi, en urdu et en tamil pour tenter d'atteindre les musulmans indiens. Selon des informations crédibles, le groupe espère viser les pays asiatiques, et l'Indonésie est si inquiète qu'elle a interdit tout soutien à l'Etat islamique.

 

La liste est encore longue. Quelle que soit la manière dont vous l'appelez (EIIL, Etat islamique ou autre chose), sa marque est puissante.»

Partager cet article