Culture

Robin Williams était aussi un grand acteur silencieux

Dan Kois, traduit par Grégoire Fleurot, mis à jour le 12.08.2014 à 16 h 33

Capture d'écran de la vidéo du Roi pêcheur, via Slate.com

Capture d'écran de la vidéo du Roi pêcheur, via Slate.com

Dans les heures qui suivent la mort de Robin Williams, il est facile de se souvenir de lui pour son interprétation de personnage comique qui parle à toute vitesse. Que ce soit quand il enchaînait blague sur bague dans son one man show, quand il baratinait à toute vitesse dans Good Morning Vietnam ou quand il épatait la galerie avec une salve d'une dizaine d'imitations d'affilée sous les traits du Génie d'Aladdin, ce qui était souvent le plus frappant dans son travail était l'inventivité sauvage de son langage et l'énergie implacable avec laquelle ce langage était livré.

Mais les meilleurs rôles de Williams démontraient aussi son côté plus tranquille. Son style comique délicat pouvait disparaître derrière la sentimentalité d'un côté et la folie d'un autre, mais les films dans lesquels il a donné ses performances les plus touchantes sont ceux dans lesquels il a trouvé un juste milieu joyeux entre énergie verbale facétieuse et équilibre physique élégant.  

Prenez Le Roi pêcheur, la comédie dramatique de Terry Gilliam de 1991. Williams a été nommé aux Oscars pour sa performance dans le rôle de Parry, un sans-abri fragile qui a craqué quelques années auparavant quand sa femme a été victime d'un crime brutal.

L'animateur de radio arrogant (Jeff Bridges) qui a contribué sans le vouloir au crime prend Parry sous son aile et l'emmène à un double rendez-vous galant: Bridges avec Mercedes Ruehl (qui a gagné un Oscar pour ce film) et Parry avec la fille de ses rêves, Lydia, jouée avec un charme délicat et excentrique par Amanda Plummer.

J'adore ce double rencart au restaurant chinois pour la manière dont le célèbre esprit d'improvisation de Williams s'applique à une séquence quasi-silencieuse d'espiègleries, créant une connexion palpable entre deux âmes inadaptées. Ça nous rappelle de manière merveilleuse que, comme tous les grands clowns, Williams savait comment utiliser son corps pour vous faire ressentir, que ça soit un rire, un deuil ou deux personnes qui tombent amoureuses. 

Dan Kois
Dan Kois (4 articles)
Journaliste
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