Culture

«Les Gardiens de la Galaxie», encore une illustration de la loi que les studios imposent aux créateurs de comics

Temps de lecture : 2 min

Les créateurs de personnages de comic books peinent à faire reconnaître leurs droits d’auteur quand ils sont adaptés au cinéma.

Capture d'écran du trailer de «Guardians of the Galaxy»
Capture d'écran du trailer de «Guardians of the Galaxy»

Rocket Raccoon est un personnage que vous ne connaissez peut-être pas encore, profanes des comic books que vous êtes. Pourtant, comme beaucoup, vous ferez peut-être sa connaissance à partir de mercredi 13 août, date de sortie en France des Gardiens de la Galaxie, la nouvelle production des studios Marvel, puisqu’il en est l’un des personnages principaux.

La valeur de ce raton laveur extraterrestre, adepte des armes à gros calibre, a donc subitement augmenté pour Marvel, sa maison d’édition.

Celle-ci n’a pourtant pas informé ses créateurs (en 1976) Bill Mantlo et Keith Giffen, qu'il allait être adapté au grand écran. Le premier a par exemple a été averti par ses fans sur son compte Facebook il y a quelques années, rapporte le New York Times dans un article qui soulève une question épineuse: pourquoi des personnages nés dans le monde des comic books appartiennent aujourd'hui à DC Comics et à Marvel, respectivement propriétés des multinationales Time Warner et Walt Disney, et pas à leurs créateurs?

Le cas des auteurs de Rocket Raccoon n'est en effet pas isolé. DC Comics refusa toujours de payer des droits de Superman à ses deux auteurs, Jerry Siegel et Joseph Shuster, qui pour survivre avaient été contraints de trouvé des jobs alimentaires: respectivement greffier au tribunal de Californie et employé d'une compagnie de messagerie. Ils profitèrent du succès du premier film adapté de Superman, en 1978, pour de nouveau réclamer leurs droits d'auteur. Ce n'est qu'à ce moment-là, après plusieurs années de batailles juridiques, et grâce à une campagne de soutien, que leurs droits furent restaurés. Aujourd'hui, leurs héritiers essaient encore d'obtenir une part des droits d'auteurs.

De même, Spiderman, les X-men, Iron Man ou Thor (entre autres), conçus par les prolixes Jack Kirby et Stan Lee, sont les propriétés de Marvel. Les héritiers de Jack Kirby ont cependant engagé un bras de fer contre la multinationale, en réclamant à la Cour suprême des Etats-Unis une concession sur les droits d'auteur de ces superhéros.

Pour Rocket Raccoon, finalement, une négociation a bien eu lieu après que Marvel a été contacté par le frère de Bill Mantlo, gravement malade depuis un accident en 1992, et les noms des deux créateurs du raton laveur apparaissent bien dans le générique de fin des Gardiens de la Galaxie.

Mais cet incident témoigne du peu d'égards d'Hollywood pour les inventeurs de personnages de comic books en général, en dépit du caractère très lucratif des films qui en sont issus. Les superhéros sont en effet souvent considérés comme des «travaux à louer, possédés par des sociétés qui n'ont que peu ou plus de comptes à rendre aux personnes qui les ont inventés», explique le New York Times.

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Keith Giffen, co-auteur de Rocket Raccoon interviewé par le journal américain, dit s’être résolu à cet état de fait: «Je suis payé pour écrire mes histoires. C’est tout ce à quoi il faut s’attendre.»

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