Culture

C’est arrivé près de chez vous: Jean Dujardin et le psychologue Mickey

Elise Costa, mis à jour le 11.08.2014 à 18 h 28

En 1982, Jacques Dujardin, dit «La Moustache», emmène le quatrième et plus jeune de ses garçons chez le psychologue pour enfants. Le problème, c’est que son fils est le futur comique Jean Dujardin, et que ledit psychologue a 4 doigts à la main.

Jean Dujardin, aux Oscars en février 2013. REUTERS/Lucas Jackson

Jean Dujardin, aux Oscars en février 2013. REUTERS/Lucas Jackson

Petite vengeance, passions éphémères et bad timing… Tout au long du mois d’août, retrouvez les anecdotes obscures du cinéma français.

Le mythe du brillant self-made man à qui les professeurs ont répété, au cours de sa scolarité, qu’il était un raté, ne date pas d’hier. Oscarisé pour son rôle dans The Artist (Hazanavicius, 2011), Jean Dujardin fait partie du fabuleux cercle des cancres incompris.

Alors qu’il a 10 ans, ses parents, inquiets de voir leur rejeton incapable d’écrire sur les lignes de son cahier et de comprendre le moindre concept d’algèbre, décident de l’emmener voir un psy.

La petite ville de Plaisir, dans les Yvelines, où la famille Dujardin a choisi de s’implanter, a vu sa population doubler dans la première moitié du XXe siècle du fait, ô ironie, des capacités d’accueil des hôpitaux psychiatriques. Jusque-là, tout se tient.

Mais au pays des fous, les plus sensés ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Le petit Jean, alors assis face à ce psy circonspect, voit que l’homme n’a que 4 doigts à chaque main. C’est bien entendu au magazine Psychologies, dans le numéro de janvier 2007, qu’il raconte pour la première fois son souvenir:

«Il me regardait, le menton entre les mains et me disait: “Qu’est-ce qui ne va pas, Jean?”. Je voyais ses huit doigts et je pensais: “Moi tout va bien. Mais toi?”. J’avais l’impression de parler à Mickey.»

En 2012, en pleine effervescence des Academy Awards où il est nommé dans la catégorie du meilleur acteur, Jean Dujardin fait la tournée des grands ducs du talk-show américain. S’il donne sa plus belle imitation du chameau De Niro à Jimmy Fallon, c’est sur le plateau de Jay Leno qu’il fait vraiment connaître le psy Mickey, en contant à nouveau la petite histoire. Les Américains, fervents adeptes de ce genre de récit avec happy ending à la clé, applaudissent à tout rompre et manquent de se décrocher la mâchoire.  


 

Le psy Mickey semble bien avoir marqué celui que l’on surnommait, enfant, «Jean de la lune», mais pas au point d’avoir du ressentiment: au journal Le Monde qui dresse son portrait au lendemain de la remise des Oscars, il dira:

«Je n’étais pas du tout malheureux. J’étais très bien dans mon petit monde. J’observais, je dessinais. A la fin de l’année, j’imitais les profs. La classe riait et j’étais content. Tout ce que je savais faire, c’était jouer.»

Et, d’une certaine façon, le professionnel de santé a fait sa part du job: sans lui, peut-être que l’acteur Jean Dujardin n’aurait pas tant pris conscience de ses problèmes –problèmes qui, au bout du compte, lui ont permis de développer ses capacités de comédien. Preuve en est dans l’interview de Psychologies, où il reconnaît lui-même:

«Pendant toutes ces années, on a des complexes, on s’imagine moins futé que les autres. L’œil vide d’OSS 117, cet œil stupide avec un trou noir au milieu, vient de là. C’est l’œil de Jean à 12 ans, qui ne comprend rien devant une division.»

Elise Costa
Elise Costa (96 articles)
Journaliste
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