Économie

10 ans de prévisions de croissance par le gouvernement en un graphique

Temps de lecture : 2 min

Si vous n'avez pas entendu parler des prévisions de croissance du gouvernement français depuis une semaine, c'est que vous étiez en vacances sur une plage déserte (et vous avez évidemment bien raison). Le sujet a animé le débat politico-économique de ce début de mois d'août à la faveur d'un article du Canard Enchaîné selon lequel le ministre des Finances Michel Sapin aurait annoncé en privé avoir divisé par deux la prévision de croissance du gouvernement pour 2014, la faisant passer de 1% à 0,5%.

Bercy a rapidement démenti les propos attribués au ministre par l'hebdomadaire satirique, mais le sujet de la morne croissance française est parti pour dominer le mois. Deux jours après l'article, la Banque de France a donné une première estimation plaçant la croissance du PIB français à 0,2% pour le second trimestre, après une croissance «zéro» au premier, tandis que l'Insee doit annoncer jeudi 14 août son propre chiffre pour le second trimestre, qui devrait être compris entre 0% et 0,1%.

Plusieurs dizaines d'organismes, du gouvernement aux banques en passant par les médias et les organisations internationales comme l'OCDE, l'OFCE ou le FMI, se prêtent au jeu des prévisions de croissance chaque année et même chaque trimestre, avec des résultats contrastés.

Comme je l'expliquais en 2012, les prévisions du gouvernement, effectuées par la Direction générale du Trésor, sont hautement politiques: elles influencent notamment le niveau attendu des recettes fiscales et donc le solde budgétaire et celui des comptes publics.

Le gouvernement doit à la fois rester proche des prévisions des autres acteurs pour rester crédible tout en gardant à l’esprit l’impact psychologique de l’hypothèse qu’il choisit de retenir. Annoncer une croissance trop faible peut plomber la confiance des entreprises et des ménages, et l'oblige à mettre plus de rigueur dans son budget ou à réduire son ambition de baisse des déficits publics.

D'où l'idée largement acceptée selon laquelle le gouvernement a toujours tendance à surestimer la croissance dans ses prévisions. Cette idée se vérifie-t-elle?

Pour le savoir, j'ai compilé sur le même graphique les prévision de croissance du gouvernement (la prévision la plus ancienne que j'ai pu trouver pour chaque année) avec l'estimation de la croissance de référence, celle de l'Insee (les chiffres d'après 2011 sont provisoires, l'Insee mettant trois ans à publier son «compte annuel définitif», qui peut varier jusqu’à presque un point de croissance par rapport à la première estimation).

Sur les 10 dernières années, on peut voir que le gouvernement n'a prévu une croissance trop faible que trois fois, en 2007, en 2010 et surtout en 2004 où il l'avait sous-estimée de plus d'un point, ce qui tend à confirmer qu'il est plutôt de nature optimiste.

L'année 2009 est l'année où le gouvernement avait le plus surestimé la croissance, tablant sur 0,35 alors que l'économie s'est rétractée de 2,9%, conséquence directe de la crise des subprimes.

Source pour les prévisions de croissance du gouvernement: 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014.

Grégoire Fleurot Journaliste

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