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«Mon fil est devenu stupide»: quand un journaliste de Wired aime tout ce qu'il voit sur Facebook pendant 48 heures

"like" par  Thomas Angermann | FlickR

"like" par Thomas Angermann | FlickR

 «Pour être honnête, je n'ai vraiment pas aimé Le journaliste Mat Honan de Wired ressort dégoûté d'une expérience à l'air tout à fait inoffensive qu'il s'est imposée pendant 48 heures: aimer tout ce qu'il voit passer sur son fil Facebook.

Des photos de copains pas vus depuis vingt ans en passant par des articles sérieux, sans oublier les pages de marques et les vidéos qui font faire un «oh» de ravissement devant l'écran. Tout, y compris cette photo intitulée «Pearl vs. le béton», sur laquelle le bébé d'une amie à lui s'affichait couverts de bleus. La seule limite aux «j'aime» de Mat Honan étant l'annonce de la mort d'individus.

Pourquoi une telle expérience? Simplement pour voir l'incidence des algorithmes de Facebook qui, rappelle le journaliste de Wired, vous «délivrent [du contenu] en fonction d'une formule très compliquée établie selon vos actions sur le site et à travers le web». Dire en somme aux robots de Mark Zuckerberg que oui, ils font du bon boulot.

Au bout d'une heure de «like» compulsifs, le journaliste raconte comment le fil d'actualités de son profil Facebook s'est subitement vidé d'humains:

«Il n'était question que de marques et de messages de marques, plutôt que d'humains avec des messages.»

Seule une connexion depuis un ordinateur lui offrait encore un peu d'humanité. Sur mobile en revanche, où le «j'aime», devenu curseur économique, prend d'autant plus de valeur, exit les amis et les proches:

«Sur ce tout petit écran, où les places valent chères, les robots de Facebook ont décidé que la meilleure façon de garder mon attention était de cacher les gens pour ne montrer que les choses pompées par d'autres machines.»

Au bout d'un jour, le journaliste raconte comment son fil ne s'est plus articulé qu'autour de trois, quatre sources de contenus: médias (Huffington Post, Upworthy) ou marque (Levi's). Comment il a basculé fortement vers la droite, et même l'extrême droite, à la suite d'un «j'aime» laissé sur «un message en faveur d'Israël». Puis comment il a penché de l'autre côté, vers la gauche. Le tout devenant en parallèle «profondément stupide», et empli de parfaits appeaux à clic sensationnalistes:

«Un nuage qui ressemble à un pénis. Arrêtez ce que vous êtes en train de faire et regardez ce bébé qui ressemble à Jay-Z.»

Avec, à chaque «j'aime» égréné, une notification dûment délivrée aux «amis» de Mat Honan, dont certains se sont rapidement inquiétés de se voir ainsi inonder de nouvelles: «Ton compte ne serait-il pas hacké?»

Une expérience qui évoque au journaliste un «problème qui dépasse bien plus largement Facebook». Mais qui est amplifié par le réseau social, comme par Google: l'enfermement dans des bulles d'opinion, d'indignation et d'adhésion qui se renforcent au fur et à mesure. Et de conclure:

«Désormais, nous nous exprimons face à quelqu'un au lieu de discuter ensemble.»

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