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Voici Melomics, le meilleur ordinateur-compositeur de musique

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 11.08.2014 à 12 h 48

Repéré sur BBC

Francisco Vico est chercheur en informatique à l’université de Malaga en Espagne. Quand en 2012 il a envoyé à un éminent musicologue la pièce musicale pour piano, violon et clarinette créée par Iamus, son programme qui compose de la musique sans intervention humaine, ce dernier (qui n’était pas au courant de l’origine du morceau) l’a daté des années 1920 ou 1930, écrivant qu’il s’agissait probablement d’un Français, mais pas d’Eric Satie… Sans être totalement emballé par le morceau, le musicologue a fini par le trouver plaisant après plusieurs écoutes.

Comme l’écrit Philip Ball sur la BBC, qui consacre une chronique aux travaux de Francisco Vico, «aucune tentative de composer de la musique par ordinateur –et il y en a eu beaucoup, datant des premiers temps de l’informatique– n’a été autant prise au sérieux».

Certaines compositions de Iamus ont été enregistrées en 2012 par les musiciens du London Symphony Orchestra, et le compositeur et pianiste espagnol Gustavo Diaz-Jerez prévoit d’utiliser le programme pour la création d’un opéra en 2015.

Iamus, spécialisé dans l’écriture moderniste et atonale, a également un petit frère, Melomics 109, qui oeuvre lui dans la musique pop instrumentale.

Ces deux programmes sont issus du même programme de recherches de l'université de Malaga, Melomics. Le site du projet Melomics renferme l’immense base de données de morceaux qu'il a générés, et des applications de musique libre de droit et de musicothérapie ont également été développées autour du programme d’origine:

Après Iamus en 2012, Melomics 109 a sorti à son tour son premier album le 21 juillet 2014 , entièrement composé et inteprété sans intervention humaine, disponible à l’écoute en intégralité sur Internet. Car évidemment, Melomics ne génère pas de droits d’auteurs, même pas pour son créateur. 

Si les programmes de ce chercheur sont pris très au sérieux, explique le journaliste de la BBC, c’est parce que l'algorithme utilisé se comporte vraiment comme un compositeur: il prend une courte idée de mélodie, un motif, et en appliquant des règles propres à l’instrument et d’autres spécifiques au genre musical et aux harmonies qu’il privilégie, il développe la mélodie, l'enrichit et construit des voix qui se chevauchent et s’entremêlent. 

Comme une illustration de la prédiction de l'économiste Tyler Cowen, selon laquelle le travail sera de plus en plus réalisé par des équipes humain-machine, le compositeur Diaz-Jerez estime qu’«à l’avenir il y aura deux types de compositeurs. Ceux qui admettront utiliser le stock de musique de Iamus et ceux qui ne l’admettront pas». Il s’agirait donc plutôt d’un outil aidant et guidant l’inspiration que d’un remplacement sec de l’humain par la machine…

Ci-dessous, 0music 06 par Melomics 109. Pas encore un tube de l'été, mais on s'en approche... 

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