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Ils prennent le contrôle d'un vieux satellite depuis un McDo abandonné

Capture d'écran de la vidéo promotionnelle du projet, sponsorisée par Google.

Capture d'écran de la vidéo promotionnelle du projet, sponsorisée par Google.

C'est une jolie première dans l'histoire de l'humanité: des amateurs ont réussi à prendre le contrôle d'un vieux satellite de la Nasa, lancé dans les airs en 1978, alors que Cloclo nous quittait et que les Bee-Gees affolaient les charts avec leurs voix (et leur clip) détonnant.


Après avoir étudié les vents solaires, ainsi qu'une comète en 1985, ce bon vieux satellite, ISEE-3 de son petit nom (pour «International Sun-Earth Explorer-3»), erre dans l'espace depuis 1997 –date à laquelle la Nasa a mis un terme à sa mission, explique le New York Times.

Abandonné sur son orbite autour du soleil, l'engin est aujourd'hui de retour au bercail: ce dimanche 10 août, il n'était ainsi qu'à quelques milliers de kilomètres de la Lune. Et de la Terre.

La position du satellite ce lundi 11 août, à 11 heures.

Une errance à laquelle Keith Cowing, un ancien employé de l'agence spatiale américaine à la tête de sites spécialisés tels que Nasa Watch ou SpaceRef, et son équipe ont voulu mettre un terme.

Le site Beatbeat raconte ainsi comment ce dernier a demandé à un certain Bob Farquhar, ancien chercheur de la Nasa ayant travaillé sur la mission ISEE-3, «ce qu'il fallait pour sortir le satellite de sa retraite».

Réponse: de l'obstination et surtout beaucoup d'ingéniosité. Ce dont cette équipe de fanas d'espace n'a pas manqué: en mai dernier, elle a ainsi réussi à boucler une campagne de crowdfunding avec 160.000 dollars en poche.


Le clip promotionnel du projet, financé par Google.

De quoi notamment constituer de toute pièce une véritable tour de contrôle spatiale... basée dans un McDonald's abandonné près de l'un des centres de la Nasa, en Californie.

Il faut dire que l'agence spatiale américaine s'est montrée plutôt bienveillante à l'égard de cette initiative pourtant inédite, proposant même son aide aux porteurs du projet, indique encore Betabeat. Seule condition à en croire le site io9 qui suit l'aventure depuis le début: que l'agence ne débourse aucun centime pour ce projet.

Qu'à cela ne tienne, l'équipe de passionnés parvient néanmoins à établir le contact avec le satellite en juin dernier. Comment? En bidouillant tout simplement de vieux appareils: des pièces trouvées sur eBay, poursuit Beatbeat, ou bien encore un écran plat dégoté dans les poubelles d'une quelconque administration fédérale... 

L'équipe a eu de la chance: malgré son grand âge, le satellite a encore toute sa tête. Si «la batterie est morte depuis plus de 20 ans, écrit Betabeat, ses panneaux solaires assurent 98% des pleines capacités du satellite».

Pour en reprendre le contrôle trente-six ans après sa mise en orbite, il a fallu «retrouver les vieilles commandes et concevoir un logiciel spécialement pour le matériel d'époque», afin d'envoyer de nouvelles commandes, précise encore io9.

C'est chose faite depuis plusieurs semaines, pendant lesquelles les données en provenance du satellite affluent. Pour parfaire jusqu'au bout l'anecdote, ces dernières sont en plus accessibles à quiconque «est intéressé, avec un ordinateur», confie encore Keith Cowing au site Betabeat.

Premier contact avec le satellite en juin 2014 | A lire sur io9.

De l'open data spatial auquel Google s'est également greffé: la boîte a offert un site au projet, spacecraftforall.com, où il est possible de consulter les archives de la mission d'ISEE-3, ainsi que d'en suivre le parcours en temps réel –Google glissant évidemment au passage qu'il vaut mieux faire tout cela sur son navigateur attitré...

Seule ombre au tableau: ISEE-3 ne reviendra pas. Une tentative de reroutage a échoué en juillet dernier, explique le New York Times, en raison d'un pépin de propulseurs.

Résultat: «Des commandes pourront être envoyées au satellite pendant encore quatre mois avant qu'il soit trop loin, et des radio-télescopes de taille moyenne pourront capter son signal pendant au moins un an ou deux.»

Le vieux satellite reprendra alors sa longue course autour du soleil. Pour revenir –qui sait?– nous saluer à l'horizon 2030.

On en parlait à 12h40 dans notre rendez-vous hebdomadaire dans le 12:30 du Mouv' avec Thomas Rozec:

 

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