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Pourquoi vous n'arrivez pas à faire la grasse matinée après une soirée trop alcoolisée

Grégoire Fleurot, mis à jour le 08.08.2014 à 16 h 39

A São Paulo en juin 2014. REUTERS/Ivan Alvarado

A São Paulo en juin 2014. REUTERS/Ivan Alvarado

C'est samedi soir, ou plutôt tôt dimanche matin, vers 3h. Vous revenez d'une soirée bien arrosée et vous vous dites en rentrant dans votre chambre que vous allez pouvoir profiter d'une bonne grasse matinée pour récupérer. Mais votre plan ne se passe pas comme prévu et vous vous réveillez à 8h du matin avec une jolie gueule de bois.  

Si ce scénario vous rappelle des souvenirs, alors cet article publié par le site io9 expliquant pourquoi il est impossible de faire une grasse matinée après une nuit d'excès alcooliques devrait vous intéresser.

Les scientifiques étudient les effets de l'alcool sur le sommeil depuis les années 1930, et ont déterminé depuis longtemps que l'abus de boissons alcoolisées perturbe le sommeil et en réduit la qualité. Mais on comprend mieux depuis quelques années les mécanismes qui sont à l'œuvre.

Timothy Roehrs et Thomas Roth, deux chercheurs qui se sont penchés sur le sujet, expliquent ainsi que c'est un «effet rebond» qui empêche beaucoup de fêtards de roupiller tranquillement jusqu'à midi.

La nuit qui suit une soirée arrosée, les études montrent que c'est surtout dans la seconde moitié de la période de sommeil que le sommeil est le plus perturbé, ce qui correspond généralement avec le moment où l'alcool que vous avez ingurgité est complètement éliminé par votre métabolisme. Les chercheurs écrivent:

«Le terme "effet rebond" signifie que certaines variables physiologiques changent dans la direction inverse des changements induits par l'alcool et excèdent même les niveaux normaux une fois que l'alcool a été éliminé du corps. Cet effet est le résultat de l'ajustement du corps à la présence d'alcool pendant la première moitié de la période de sommeil dans une une tentative de maintenir un cycle du sommeil normal. Une fois que l'alcool est éliminé du corps, ces ajustements perturbent le sommeil.»

On estime qu'un verre d'alcool (demi de bière, ballon de vin, dose d'alcool fort) fait augmenter le taux d'alcool dans le sang d'entre 0,20g et 0,30g (ce chiffre varie en fonction du sexe, du poids ou encore de l'état de santé) et que le pic d'alcoolémie est atteint entre une demi-heure et une heure après l'ingurgitation, avant de redescendre à un rythme d'environ 0,15g (un chiffre aussi susceptible de varier selon les facteurs cités ci-dessus) par heure par la suite.

Une personne de corpulence moyenne ayant consommé trois verres une heure avant d'aller se coucher ira donc au lit avec une alcoolémie d'environ 0,75g, et verra son sommeil perturbé après cinq heures de sommeil.  CQFD. 

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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