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Pour choisir son itinéraire routier en Cisjordanie, mieux vaut éviter Google Maps

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 08.08.2014 à 11 h 47

Repéré sur The Daily Dot

Le service d'itinéraires de Google oublie juste de préciser que la moitié des routes sont inaccessibles aux Palestiniens, et l'autre moitié aux Israéliens...

Un soldat israélien contrôle un véhicule palestinien à un checkpoint près d'Hebron en Cisjordanie, le 15 juin 2014. REUTERS/Baz Ratner

Un soldat israélien contrôle un véhicule palestinien à un checkpoint près d'Hebron en Cisjordanie, le 15 juin 2014. REUTERS/Baz Ratner

Si vous utilisez une carte routière d’Israël et des territoires palestiniens, c’est que vous êtes soit Israélien, soit Palestinien soit correspondant étranger pour la presse. Ou peut-être touriste. Il vaudrait en tout cas mieux que votre itinéraire ne soit pas élaboré à l’aide unique de Google Maps. Car, selon le site Daily Dot, les itinéraires proposés dans la zone peuvent non seulement faire perdre du temps, mais surtout mettre les automobilistes en danger.

Le site donne l’exemple d’un itinéraire entre Ramallah et Naplouse en Cisjordanie. Un trajet estimé par Google Maps à 3h30 en zigzagant à travers une bonne partie de la Cisjordanie, alors qu’un itinéraire direct permet de rejoindre les deux villes en moins de 45 minutes. Voici l'itinéraire proposé ci-dessous:

Plus préoccupant, Google Maps se contente de prévenir le futur voyageur que «cet itinéraire comprend des péages», et surtout que «cet itinéraire comprend des voies privées ou des zones de circulation restreinte».

Un avertissement minimal puisque selon The Daily Dot, «en fonction de votre nationalité ou de votre ethnicité, [cet itinéraire vous mettrait] potentiellement en danger de mort».

Sur Google Maps, des mises en garde sur certaines portions de routes de l'itinéraire

Pour les Palestiniens, le premier obstacle concerne les très nombreux checkpoints disséminés sur le territoire et aux abords des colonies. Selon B’Tselem, le centre israélien d’informations sur les droits de l’homme dans les territoires occupés, ces checkpoints étaient en février 2014 au nombre de 99 en Cisjordanie. Certains de ces checkpoints interdisent le passage de véhicules palestiniens à l’exception des automobilistes disposant d’un permis spécial.

S’ajoutent à ces restrictions les kilomètres de routes construites pour l’usage des colons israéliens installés dans la région, et partiellement ou totalement interdites aux véhicules palestiniens. Cette discrimination de fait de l’usage des routes n’a cependant aucune existante légale en Israël: elle est selon B’Tselem entièrement fondée sur des ordres militaires donnés oralement.

L’automobiliste israélien pour sa part, découvrira à l’entrée des villes de Ramallah et de Naplouse, administrées comme d’autres municipalités de Cisjordanie par l’Autorité palestienne, un panneau lui signalant qu’il entre en zone A, c’est-à-dire dans une des divisions administratives sous Autorité palestienne militaire et civile. Un panneau qui avertit que «l'entrée pour les citoyens israéliens est interdite, dangereuse pour vos vies et contraire à la loi israélienne».

Sur ce panneau en Cisjordanie, on peut lire: «Cette route mène à des villages palestiniens - L'entrée pour les citoyens israéliens est dangereuse». Source: Posts from Palestine.

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