Civils ou combattants? Pourquoi il faut se méfier des statistiques des morts à Gaza telles qu'elles sont données actuellement

Char israélien à la frontière de Gaza. REUTERS

Char israélien à la frontière de Gaza. REUTERS

«Nous ne savons pas aujourd’hui combien de morts à Gaza sont des civils et combien sont des combattants… cela signifie que certaines conclusions tirées sont prématurées», écrit la BBC, pourtant en général plus proche des thèses du Hamas que de celles d’Israël. Le média public britannique met ainsi en garde contre les statistiques dites officielles de morts et de blessés à Gaza qui sont manipulées par le Hamas.

La quasi-totalité des médias font ainsi état de chiffres de pertes communiqués par le bureau du Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme (OHCHR) qui coordonne un groupe d’organisations humanitaires. Son rapport en date du 6 août fait état de 1.843 Palestiniens tués, 66 Israéliens et un Thaïlandais depuis le lancement de l’opération Bordure Protectrice le 8 juillet. Toujours selon ces chiffres, 1.354 Palestiniens étaient des civils dont 415 enfants et 214 femmes.

«Si les attaques israéliennes étaient indiscriminées comme le dit le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, il est difficile d’expliquer pourquoi ils ont tué beaucoup plus d’hommes civils que de femmes», souligne la BBC. 

Une analyse faite par le New York Times et portant sur les noms de 1.431 morts à Gaza montre «que la population qui a le plus de probabilité d’être des combattants, les hommes âgés de 20 ans à 29 ans, est aussi la plus surreprésentée dans le total des morts. Ils sont 9% des 1,7 million d’habitants de Gaza mais 34% des tués dont l’âge est donné. Dans le même temps, les femmes et les enfants de moins de 15 ans, ceux qui ne sont pas des cibles légitimes, représentent 71% de la population de Gaza et 33% des pertes dont les âges sont connus».

La plupart des médias mettent en avant le ratio entre civils et combattants tués par l'armée israélienne. Mais les chiffres donnés sont très certainement faux.

Un porte-parole de l’armée israélienne, le capitaine Eytan Buchman, explique à la BBC «que les chiffres de l’ONU (des pertes) sont, très largement, basés sur ceux du ministère de la Santé de Gaza qui est contrôlé par le Hamas». Il ajoute qu’une des raisons pour lesquelles le nombre de combattants est sous-estimé tient au fait «que quand les combattants sont amenés dans les hôpitaux, ils le sont en vêtements civils…».

Pour finir, on peut regarder le passé et les chiffres venus de l’ONU et du Hamas à la suite de l’offensive israélienne Plomb durci à Gaza de décembre 2008-janvier 2009. Les chiffres «officiels» venant de Gaza faisaient état de seulement 50 combattants tués. Le Hamas a reconnu des années plus tard que ce chiffre était en fait compris entre 600 et 700…

 

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