Santé / Monde

Ebola: pourquoi deux Américains reçoivent-ils un traitement potentiel quand des centaines d'Africains meurent?

Temps de lecture : 2 min

Le CHU d'Emory, à Atlanta, où sont soignés les deux humanitaires américains. | REUTERS/Tami Chappell
Le CHU d'Emory, à Atlanta, où sont soignés les deux humanitaires américains. | REUTERS/Tami Chappell

Alors que l'épidémie actuelle d'Ebola a fait désormais 932 victimes, deux Américains, deux soignants blancs, viennent d'être traités à l'aide d'un sérum expérimental appelé ZMapp –auparavant uniquement testé sur des singes.

Pourquoi ont-ils reçus ce traitement potentiel quand des centaines d'Africains meurent?

Cela tient à une question de logistique et de précédent, écrit Arthur Caplan, directeur de la division sur l'éthique médicale au NYU Langone Medical Center. Dans le Washington Post, il explique la manière dont les firmes pharmaceutiques perçoivent les médicaments non testés et comment la pauvreté de cette région rurale d'Afrique de l'Ouest, où l'épidémie fait des ravages, lui interdit tout accès au traitement expérimental.

Des médicaments comme le ZMapp contiennent en effet des anticorps monoclonaux qui coûtent des «dizaines de milliers de dollars», auxquels les institutions des pays affectés n'ont pas les moyens d'avoir accès. Ils manquent aussi d'infrastructures pour conserver le sérum –le ZMapp exigeant «une réfrigération et une prise en charge minutieuse, sans compter un suivi de près assuré par des médecins et des scientifiques expérimentés».

Les Américains traités forment pour leur part un «groupe restreint», dans un environnement «aux paramètres étroitement contrôlés», qui permet au créateur du médicament, le laboratoire Mapp Pharmaceuticals, de surveiller de près toute apparition d'effets secondaires indésirables non prévus.

De plus, Arthur Caplan écrit que les Américains –via leur groupe de missionaires, Samaritan's Purse, le Centers for Disease Control (CDC) et le National Institute of Health– ont demandé le traitement à l'entreprise Mapp Pharmaceuticals, tandis que les Africains ne l'ont visiblement pas fait.

Il n'y a tout simplement aucun cadre pré-existant, poursuit-il, permettant aux institutions des pays affectés par l'épidémie de contacter et de négocier avec les industries pharmaceutiques. Et de conclure sur un appel pour l'établissement de règles qui permettraient précisément une telle communication, susceptible de sauver des vies.

De leur côté, les deux Américains reçoivent actuellement un traitement au CHU d'Emory, à Atlanta, et semblent montrer des signes de rétablissement.

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