Science & santé

Ebola: British Airways et Emirates abandonnent, Air France continue

Jean-Yves Nau, mis à jour le 06.08.2014 à 15 h 50

Un Airbus A 380 de British Airways.  REUTERS

Un Airbus A 380 de British Airways. REUTERS

British Airways a annoncé le 5 août qu’elle ne desservirait plus ses vols vers le Liberia et la Sierra Leone. Et ce au moins jusqu’au 31 août. Quatre jours auparavant elle assurait précisément le contraire – et ce en réponse à l’annonce de la compagnie Emirates  qui refuse de prendre le risque de transporter des personnes infectées par le virus Ebola et contagieuses. La companie nigérianne  Arik Air a fait de même depuis la fin juillet. Pour sa part la compagnie panafricaine  Asky, basée au Togo,  vient d’annoncer qu’elle reprenait ses dessertes, un moment interrompues, avec Lagos et Abuja.

L’OMS  (Organisation Mondiale de la Santé) ne recommande pas actuellement à ses Etats membres de prendre des mesures de restrictions aux Voyages aériens, pas plus que la IATA. En pratique toute latitude est laissée aux compagnies pour prendre les mesures appropriées de sécurité pour leurs passagers et leurs employés.

Qu’en est-il pour Air France? A la date du 6 août la compagnie française «confirme maintenir son programme de VOLS vers (et en provenance) de la Guinée, de la Sierra Leone et du Nigéria». Air France ne dessert plus le Libéria depuis la fin juin, non pour des raisons sanitaires mais pour des motifs économiques. La compagnie suit «en temps réel» l’évolution de la situation –et ce en liaison notamment avec le centre de crise du ministère français des Affaires étrangères et les autorités sanitaires. Ce suivi est tout particulièrement concentré «dans la zone où une vieille épidémiologique permanente est en place».

Le «dispositif Ebola» d'Air France

Air France explique avoir mis en place un «dispositif spécifique EBOLA» pour son personnel à Conakry (Guinée) et à Freetown (sierra Leone). En substance :

- Une information est diffusée à tous les équipages devant se rendre à Conakry et Freetown avec une conduite à tenir très précise sur le traitement d’un passager suspect à bord.
– Les recommandations des médecins du service Santé au Travail sont partagées avec l’équipage lors du briefing avant vol.
– Des kits de protection sont présents sur les vols vers Conakry et Freetown
– Les personnels Air France sur place à Conakry et Freetown disposent de gel hydro-alcoolique.
-Les équipages Air France sont hébergés à Conakry
– Une mission médicale a été envoyée sur place pour évaluer ce dispositif.

Des mesures complémentaires ont été prises pour les passagers au départ de  Conakry et Freetown. Lorsque les passagers entrent dans le hall de l’aéroport, ils doivent automatiquement remplir un questionnaire. Ensuite, ils sont soumis à un test de  température (au moyen de pistolets thermiques et aussi d’une caméra thermique à Conakry) dans l’enceinte de l’aéroport. Ce questionnaire doit être tamponné par les autorités. «Pour s’assurer que les passagers passent cette étape, ils n’obtiennent leur carte d’embarquement qu’en absence de symptômes médicalement vérifiés» précise-t-on à Air France.

La compagnie française applique d’autre part sur tous ses vols les mesures demandées par les autorités sanitaires.
-Quelle que soit la destination, les personnels navigants disposent d’une conduite à tenir vis à vis d’un passager infectieux à bord (pour le passager suspect: isolement, port du masque, toilettes réservées, pour les personnels navigants: port de gant, gel hydro-alcoolique., stockage de tous déchets dans contenants spécifiques, relevé d’identités des passagers en contact avec le cas suspect).
-Un matériel à cet effet est présent en cabine sur toute la flotte Air France.
-Le SAMU de Paris peut être contacté à tout moment (par le commandant de bord) pour la mise en place de mesures spécifiques à l’arrivée en France.
Un cas connu, six contaminations

Pour l’heure un seul cas récent de dissémination par voie aérienne du virus Ebola est connu. Il s’agit de Patrick Sawyer, qui travaillait pour le ministère des Finances libérien.  Fin juillet il s’était rendu par avion au Nigeria pour une rencontre de responsables ouest-africains. Il était visiblement malade dès son arrivée à l’aéroport international de Lagos et avait été immédiatement transféré aux urgences d’une clinique privée. M. Sawyer est mort le 25 juillet alors qu’il était en quarantaine dans l’établissement, qui a depuis été fermé.

On compte désormais sept cas confirmés d’Ebola à Lagos, tous ayant été en contact avec M. Sawyer. Une deuxième personne vient d’en mourir: une infirmière qui l’avait soigné. L’annonce en a été faite le 6 août par le ministre nigérian de la Santé Onyebuchi Chukwu. Les cinq malades d’Ebola sont actuellement placés en isolement.

Article également publié dans le blog de Jean-Yves Nau

 

Jean-Yves Nau
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Journaliste
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