Monde

Tous ceux qu'Obama surveille pour «terrorisme présumé»: les nouvelles fuites qui inquiètent l'Administration

Temps de lecture : 2 min

Freiheit statt Angst 2013 - 07.09.2010 - Berlin - IMN 9072 / PM Cheung via Flickr licence by

Le gouvernement américain doit faire face à une nouvelle fuite, vraisemblablement due à un (ou plusieurs) nouveau(x) lanceur(s) d’alerte.

Mardi 5 août, le site Internet fondé par le journaliste indépendant Glenn Grenwald, The Intercept, que l’ex-agent de la National Security Agency (NSA) Edward Snowden avait contacté pour dévoiler le vaste programme de surveillance Prism en juin 2013, a publié un document classé «secret/noforn» (c'est-à-dire qu'il ne doit pas être communiqué aux gouvernements alliés) portant sur la croissance exponentielle du nombre de personnes mises sous surveillance dans le cadre de la lutte antiterroriste sous l’administration Obama.

Sur 680.000 personnes dans le monde considérées comme «terroristes connus ou présumés» en 2013 (et à ce titre présents sur la TSDB, «Terrorist Screening Database»), 280.000 n’ont pas d’affiliation avec un groupe terroriste spécifique, soit près de la moitié (40%). En comparaison à cette catégorie, le nombre de personnes suspectées d’entretenir des liens avec al-Qaida, le Hamas et le Hezbollah réunis semble bien faible.

Schéma réalisé par The Intercept

D’après les recommandations du gouvernement américain pour établir ces listes de surveillance, publiées par The Intercept, les agents n’ont pas besoins de «faits concrets» ni de «preuves irréfutables» pour inscrire secrètement quelqu’un sur ces listes. «La notion vague et élastique de “suspicion raisonnable” suffit à elle seule», rapporte le site fondé par Glenn Greenwald.

Dans une autre liste révélée ce mardi 5 août, baptisée TIDE (pour Terroriste Identities Datamart Environment), 1 million de noms sont recensés. Les agents sont autorisés à inscrire des noms sur cette liste sur la base de normes encore moins rigoureuses que pour la TSDB.

Le nombre de personnes interdites d'embarquer sur des vols au départ ou à destination des Etats-Unis («no-fly list») a été multiplié par dix depuis que Barack Obama est président des Etats-Unis (elle comprend maintenant 47.000 noms). C'est plus que sous l'administration Bush, rapporte The Intercept. En 2006, CBS News s'était procuré cette liste, et avait révélé qu'elle comprenait 44.000 noms, dont notamment celui d'un terroriste improbable: le président bolivien Evo Morales.

L’article de The Intercept cite «une source faisant partie de la communauté du renseignement».

Sachant que ce site ne cache pas quand sa source est Edward Snowden, et que le document est daté d’août 2013, soit après le départ du jeune informaticien vers Hongkong pour fuir la justice américaine, tout porte à croire que la fuite a été causée par un autre lanceur d’alerte (ou plusieurs) au sein des services de renseignement américains.

Le 4 juillet, Glenn Greenwald avait déjà émis cette hypothèse dans un tweet:

«TheTrueHooha» («le vrai brouhahah» en anglais), pseudonyme d’Edward Snowden sur Internet jusqu’à son dernier post en mai 2012, semble avoir trouvé un héritier, qui promet lui aussi de semer le trouble dans les services de renseignement américains.

Newsletters

Qui de la Chine ou des États-Unis dirigera le monde après la pandémie?

Qui de la Chine ou des États-Unis dirigera le monde après la pandémie?

La politique étrangère de Donald Trump est une politique nationaliste, en repli face aux affaires du monde et opposée à l'idée de coopération internationale. Cette attitude résonne particulièrement bien avec l'épidémie de Covid-19. De fait, l'une...

Orbán, l'opportuniste qui s'appuie sur le coronavirus à des fins politiques

Orbán, l'opportuniste qui s'appuie sur le coronavirus à des fins politiques

Le dirigeant hongrois se sert de la pandémie pour asseoir son pouvoir sur la Hongrie et parie sur sa gestion de crise comme tremplin vers une réélection en 2022.

En parlant de «virus chinois», Trump tente de faire oublier sa gestion catastrophique de l'épidémie

En parlant de «virus chinois», Trump tente de faire oublier sa gestion catastrophique de l'épidémie

En suscitant la polémique, le président américain se place en position de critiquer les personnes qui préfèrent parler de terminologie plutôt que de faire la guerre au coronavirus.

Newsletters