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Un suspect arrêté parce que Google a détecté que ses mails contenaient de la pédopornographie

Slate.com, traduit par Andréa Fradin, mis à jour le 05.08.2014 à 14 h 14

Gmail par Cairo | FlickR licence cc by

Gmail par Cairo | FlickR licence cc by

Le 30 juillet dernier, la police de Houston a arrêté un homme après la découverte d'images d'enfant à caractère pornographique sur son téléphone et sa tablette. Le suspect, arrêté pour agression sexuelle aggravée sur un enfant de 8 ans en 1994, est désormais poursuivi pour promotion et possession de contenus pédopornographiques.

Selon la police de Houston néanmoins, les autorités n'en auraient rien su sans l'aide d'un indic' très puissant. C'est Google en effet qui est allé trouver les autorités après avoir détecté l'image dans un mail. Les pédophiles devraient être absolument terrifiés: pour eux, Internet vient tout d'un coup de devenir bien plus petit. Mais comment Google peut-il les attraper?

L'entreprise ne dit pas excatement comment elle a découvert l'activité criminelle suspectée, mais c'est bien connu que le géant du moteur de recherche travaille de façon rapprochée avec les organismes suivants: l'Internet Watch Foundation (IWF) et le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC). Selon David Nettles de la section de police de Houston contre la pédophilie sur Internet, Google a d'abord signalé cette activité suspecte au NCMEC, qui a ensuite alerté son équipe. La police a rapidement obtenu un mandat de perquisition, grâce auquel elle a trouvé les images sur les appreils du suspect.

Google travaille avec le NCMEC depuis des années, créant même des outils spécifiques pour détecter des images pédopornographiques en ligne et mener les responsables devant la justice. Dans une interview à KHOU, un média local, le détective Nettles reéagissait en ces termes sur l'action de Google:

«Je ne sais vraiment pas comment ils font leur boulot, je suis juste content qu'ils l'aient fait.»

Sans l'aide de Google, les autortiés n'auraient jamais pu obtenir le mandat qui a mené à l'arrestation.

Dans une tribune écrite pour le journal britannique The Daily Mail en novembre dernier, Eric Schmidt avait précisé comment l'entreprise combattait la pédopornographie sur Internet. L'une des techniques de détection et de suppression consiste à assigner «une signature numérique unique» aux images illégales, ce qui permet au moteur de recherche de Google de les reconnaître immédiatement dès qu'elles apparaissent. Auparavant, Google se servait d'une technique similaire utilisant le «hashing». Mais le nouveau procédé, qui intègre des techniques de cryptographie plus sophistiquées, est le résultat d'un travail d'équipe.

L'an passé, l'entreprise a annoncé une collaboration avec d'autres leaders du secteur, comme Microsoft, visant à la création et l'intégration de nouveaux outils. On n'ignore si une technique similaire a été utilisée pour repérer le cas du Texas, ou si l'image qu'il possédait avait ou non une empreinte numérique.

Par le passé, des experts de la vie privée se sont émus des systèmes automatisés de Google, pour certains chargés de scanner les messages sur Gmail dans le but de relier le contenu au service marketing de l'entreprise, AdWords. Ces scans, détaillés dans les conditions d'utilisation de Google, «fournissent des fonctionnalités personnellement adaptées à l'utilisateur».

Ces conditions indiquent également très clairement que toute activité illégale ne sera pas tolérée, expliquant:

«Nous pouvons passer le contenu en revue afin de déterminer s'il est illégal ou en violation de nos conditions d'utilisation, et nous pouvons supprimer ou refuser d'afficher tout contenu que nous pensons être en violation de nos conditions et de la loi.»

En d'autres termes, Google ne se contente pas de purger son système de contenus pédopornographiques. Il recherche activement ceux qui le créent, le stockent et le partagent.

L'an passé, afin de voir écartée une possible class-action contre le data mining de Google, l'entreprise a donné cette explication devenu célèbre:

«Une personne ne peut légitimement s'attendre à la confidentialité d'une information qu'il donne volontairement à un tiers.»

A l'époque, les défenseurs de la vie privée ont hurlé. Mais à la lumière de l'arrestation de la semaine passée, tout cela semble prendre un peu plus de sens. Bien que Google pourrait toujours donner un peu plus de détails sur son implication dans cette affaire, le faire pourrait aussi aider par inadvertance d'autres pédophiles à agir en ligne. Peut-être est-ce ici l'unique cas où les spécialistes de la vie privée valideront les actions des seigneurs du Net.

 

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