Culture

C’est arrivé près de chez vous: comment la Carioca permet de déjeuner à l’œil

Elise Costa, mis à jour le 05.08.2014 à 18 h 19

En 1994 sort «La Cité de la peur», film réalisé par Alain Berbérian et écrit par le trio comique Les Nuls. Vingt ans plus tard, Gérard Darmon ne paye plus l’addition au restaurant. Quel est le rapport?

La Carioca dans «La Cité de la peur».

La Carioca dans «La Cité de la peur».

Petite vengeance, passions éphémères et bad timing… Tout au long du mois d’août, retrouvez les anecdotes obscures du cinéma français.

Le mois de mars 1994 n’est pas des plus jojo: Edouard Balladur est Premier ministre, la France vient de perdre le Tournoi de 5 nations et Adeline Blondiau remet le couvert avec Johnny Hallyday. Dans ce contexte morose, la France a besoin de se poiler. C’est alors que La Cité de la peur, premier long-métrage écrit et joué par Alain Chabat, Dominique Farrugia et Chantal Lauby –connus sous le sobriquet «Les Nuls»– est projeté sur nos écrans. Le film n’allait pas tarder à devenir culte.

Gérard Darmon, la quarantaine sexy, y interprète le commissaire Bialès.

Si le film regorge de dialogues mémorables («Il ne peut plus rien nous arriver d’affreux maintenant»; «Prenez un chewing-gum Emile»; «Remboursez nos invitations»), une scène reste gravée dans la mémoire des téléspectateurs: celle de la Carioca, où Chabat et Darmon se lancent dans une chorégraphie sensuelle, mélange de samba, foxtrot, rumba et claquettes.

Aussi géniaux soient-ils, les Nuls n’ont pas inventé la Carioca: la chanson composée en 1933 par V. Youmans, E. Eliscu et G. Khan est à l’origine de la première danse entre Fred Astaire et Ginger Rogers au cinéma, pour le film Flying Down To Rio (sorti d’ailleurs en France sous le titre Carioca). 

Par la suite, elle fera l’objet d’une parodie dans le générique d’ouverture de l’un des premiers films de John Landis: Kentucky Fried Chicken (1977). Ce sont les deux versions qui, combinées, ont pu inspirer les enfants terribles de Canal +.

 

Cannes, mai 2011. Gérard Darmon est en pleine tournée promo pour le film Low Cost, de Maurice Barthélemy.

Dans la fameuse ville où a été tourné La Cité de la peur, le comédien se retrouve à faire une interview pour le magazine Télé Loisirs. 

Sans surprise, le ou la journaliste lui parle alors de la Carioca, enregistrée au Grand Palais:

«On me demande souvent la Carioca quand on fait la promo d’autres films. Ça me fait gagner des dîners. Quand j’avais fait la promo d’Astérix avec Chabat et Jamel [Debbouze], j’avais dit à Chabat: “Tu vas voir que pendant les débats, y en a forcément un qui va nous demander la Carioca”. Il m’avait dit: “Mais nonnn, ça fait 6 ans…”. Et tous les soirs, dans les 30 villes, 30 fois on nous a demandé la Carioca. Donc là, avec la promo [de Low Cost], j’ai dit à Barthélemy: “Ecoute, c’est pas compliqué, à chaque fois qu’on me le demande, c’est un vrai dîner.” Il m’a fait: “D’accord tope là!” J’en suis à 5 ou 6 dîners. C’est systématique, oui... Tant mieux.»

La Carioca fera l’objet de nombreuses autres reprises, toutes anglo-saxonnes. En France en revanche, l’idée ne semble avoir effleuré personne. Laquelle arriverait à la cheville de pareil refrain, de toute façon?

Youpi,
Dansons la Carioca.
C’est bien,
Faisez tous comme moi.
Oh oui youpiii
Dansons la Carioca.
Tant pis s’il faut dire
A tout le monde,
«Au revoir».

Elise Costa
Elise Costa (96 articles)
Journaliste
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