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Tout ce que l'on sait sur la guerre civile en Syrie grâce à YouTube

Repéré par Mathieu Dejean, mis à jour le 04.08.2014 à 18 h 22

Repéré sur Fastcolabs

Violence continue to sweep across Alepp / Freedom House via Flickr licence by

Violence continue to sweep across Alepp / Freedom House via Flickr licence by

Il y a des matériaux si accessibles et profanes qu’on en oublierait presque leur valeur documentaire, pour des sujets aussi graves que la guerre civile en Syrie. C’est le cas des vidéos postées sur YouTube par des dizaines de groupes d’opposition au gouvernement syrien. La fondation Carter (Carter Center), qui milite pour la résolution pacifique des conflits, s’est chargée de les analyser, pour en tirer un maximum de données sur les groupes d’opposition, leurs leaders respectifs, leur localisation, l’endroit vers où ils se dirigent, les armes dont ils disposent, etc.

Grâce à ce véritable travail de fourmi (il y a plus de minutes de vidéo que de conflit), la fondation Carter espère contribuer au bon acheminement de l’aide humanitaire de l’ONU en Syrie, jusqu'à présent difficile à livrer, et lui permettre d’éviter d’éventuels écueils.

Son équipe de chercheurs, ainsi que de simples citoyens comme Eliot Higgins, fondateur du site d'investigation participatif Bellingcat, avec le soutien de Palantir Technologies, ont ainsi pu réaliser, sur la base des vidéos, une cartographie des différents groupes d’opposition syriens (Front révolutionnaire syrien, Front islamique, Jaysh al-mujahideen,…), afin d’en repérer les interrelations. 6.000 groupes armés, 100.000 combattants, et 11.000 événements ont ainsi été analysés d’après Fastcolabs.

Voici quelques résultats visuels, issus des diffférents rapports publiés sur le site du projet de cartographie du conflit en Syrie. Les couleurs indiquent si les groupes d'opposition ont des tanks (en bleu), ou s’ils se sont formés pour des raisons religieuses par exemple. 

Cette carte montre la progression de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) entre novembre 2013 et mars 2014 (900 événements ont été recensés).

«Avec les données historiques, les organisations d’aide humanitaire peuvent mieux planifier la manière dont elles vont collaborer avec les groupes d’opposition pour garantir un chemin sûr de l’aide humanitaire jusqu’à un endroit donné», explique Fastcolabs.

Ce véritable laboratoire de science des données à ciel ouvert recourt aussi aux tweets géolocalisés émis depuis la Syrie. Les groupes d’opposition sont très actifs sur les médias sociaux, car ils cherchent à se mettre en contact avec de potentiels donateurs internationaux, et font leur propagande par ce biais.

Interrogé par Fastcoloabs, Christopher McNaboe, qui travaille pour le projet de cartographie du conflit syrien lancé par la Fondation Carter, estime que c’est la première fois dans l’histoire qu’un conflit est documenté avec autant d’attention par de simples citoyens. Leurs résultats sont partiels, et encore tâtonnants, mais ils contribuent tout de même à construire une vision globale du conflit.

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