Monde

Barack Obama: l’homme qui a cassé le Moyen-Orient

Repéré par Eric Leser, mis à jour le 04.08.2014 à 18 h 14

Repéré sur Politico, The Washington Post

En août 2013. REUTERS/Jason Reed

En août 2013. REUTERS/Jason Reed

Politico dresse un bilan de la politique de l’administration Obama au Moyen-Orient depuis 2009 et il n’est pas glorieux. En fait, il s’agit plus d’un réquisitoire que d’un bilan.

«Bien sûr il y a toujours la Tunisie, écrit Politico. Parmi les ruines fumantes du Moyen-Orient, il y a un succès encourageant. Mais malheureusement pour le récit Obama, le Président a eu à peu près autant d’influence sur la marche de la Tunisie vers la démocratie qu’il en a eu pour le classement de la Coupe du monde de football. Quand la politique de l’administration a eu un impact, l’histoire est faite d’échecs et de dangers

Politico rappelle que le Moyen-Orient dont avait «hérité» Barack Obama en 2009 était très largement en paix et que le «surge» (renforcement) en Irak avait permis de vaincre les groupes islamistes liés à al-Qaida. Les relations des Etats-Unis avec ses alliés traditionnels, les pays du Golfe, la Jordanie, Israël et l’Egypte étaient alors excellentes. L’Iran était contenu et les Gardiens de la révolution iraniens étaient dans leur pays et pas ailleurs.

Aujourd’hui, le paysage a totalement changé. Le terrorisme islamiste s’est métastasé en Syrie et en Irak. Israël l’affronte à nouveau à Gaza et la Jordanie est menacée. Le coût humain est terrible, les groupes terroristes ne cessent de se renforcer et les relations entre les Etats-Unis et leurs alliés sont plus que tendues. Comment cela a-t-il pu se passer?

Pour Politico,  le responsable c'est l’hubris de Barack Obama, un «orgueil» qui l’a conduit à affirmer en juin 2009 lors de son fameux discours du Caire qu’il avait une habileté particulière à comprendre le monde musulman, une connaissance «liée à ma propre expérience. J’ai connu l’islam sur trois continents avant de venir dans la région où il a été révélé».

Mais Barack Obama n’avait pas compris qu’au Moyen-Orient, ce qui compte, ce ne sont pas les bonnes intentions et les beaux discours, mais les rapports de force et la capacité et la volonté de faire face à la menace grandissante de l’islamisme, du Sahel à la Péninsule arabique, et à l’ambition démesurée des ayatollahs iraniens.

«Depuis la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis ont été le pouvoir dominant au Moyen-Orient… Harry Truman a soutenu les sionistes et Israël a vu le jour; nous nous sommes opposés à l’intervention de Suez et les Britanniques et les Français ont reculé; nous sommes devenus le fournisseur d’armes de nos alliés et avons contré les soviétiques; nous avons empêché Saddam Hussein de mettre la main sur le Koweit et nous l’avons renversé; nous avons défini une ligne rouge contre les armes chimiques et affirmé qu’une bombe atomique iranienne était inacceptable. Mais cette ligne rouge a disparu avec une volte-face à la dernière minute du Président qui est mentionnée depuis dans chaque conversation sur la sécurité au Moyen-Orient. Aucun dirigeant arabe et israélien ne croit maintenant que les Etats-Unis empêcheront l’Iran d’avoir une bombe nucléaire… Après tout nous avons passivement regardé al-Qaida devenir une force majeure au cœur de cette région, l’Iran être toujours plus près de l’arme atomique et envoyer un corps expéditionnaire en Syrie sans que nous réagissions… Personne ne peut dire aujourd’hui quelles seront les frontières de l’Irak et de la Syrie dans quelques années…»

Et Politico de conclure que tout cela n’est pas la conséquence des erreurs des secrétaires d’Etat John Kerry et Hillary Clinton ou des secrétaires à la Défense Leon Panetta et David Petraeus mais de cinq années et demi de décisions personnelles prises par Barack Obama. «L’homme qui est entré à la Maison Blanche en pensant qu’il avait une connaissance intime du monde islamique

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