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Pour Amazon, des e-books vendus moins chers généreraient plus de revenu pour les auteurs

Temps de lecture : 2 min

Amazon Kindle 4 WiFi / Sergey Galyonkin via Flickr CC License By
Amazon Kindle 4 WiFi / Sergey Galyonkin via Flickr CC License By

Une guerre commerciale entre le libraire en ligne Amazon et le groupe d’édition Hachette se déroule en place publique aux Etats-Unis depuis plusieurs mois. Amazon inflige depuis diverses vexations à la filiale américaine d’Hachette (groupe français) comme l’impossibilité de faire des pré-commandes d‘ouvrages à paraître ou le non renouvellement des stocks de l’éditeur.

Le différend concerne le prix des livres électroniques, les e-books, que la filiale américaine d’Hachette veut voir fixé à un niveau supérieur à ce que souhaite Amazon: l’intérêt de ce dernier, qui commercialise sa liseuse Kindle et est numéro un de la distribution de livres électroniques, est qu’ils soient au contraire vendus moins cher.

Pourquoi? Parce que selon l’équipe d’Amazon, qui a publié un court article sur sa position le 2 août (repéré par TechDirt), les e-books sont d’abord beaucoup moins chers à produire que les livres imprimés. Pas de frais d’impression, pas de stocks et donc pas de risque liés au stockage, à la surproduction et aux retours d’invendus. Enfin, pas de marché secondaire (il n'y a pas d'e-bouquiniste à qui revendre un e-book d'occasion...)

Mais l’argument massue d’Amazon concerne la répartition du gâteau entre les acteurs de la chaîne du livre, répartition dans laquelle l’entreprise joue la défense des auteurs contre leurs éditeurs. En effet, selon Amazon, un prix de l’e-book fixé à 9,99 dollars générerait «un plus gros gâteau» à se partager que s’il était vendu à, disons, 14,99 dollars.

Le raisonnement se fonde sur l'élasticité-prix de l'e-book: le fait que ce produit est très sensible à la variation de son prix:

«Pour chaque copie d’un e-book vendu à 14,99 dollars, le même vendrait 1,74 copie s’il est au prix de 9,99. Par exemple, si les clients achètent 100.000 copies d’un e-book à 14,99 dollars, les clients achèteraient 174.000 copies du même e-book à 9,99 dollars. Le chiffre d’affaires total à 14,99 dollars serait de 1.499.000 dollars. Le chiffre d’affaires total à 9,99 dollars serait de 1.738.000 dollars.»

Chacun verrait donc sa part de revenu augmenter selon les chiffres d'Amazon, alors même que le lecteur paierait moins cher son livre.

Pour séduire un peu plus les auteurs, Amazon a même récemment proposé à ces derniers de leur reverser l’intégralité de la vente des e-book d’Hachette. Dans son récent post, le libraire en ligne réserve un ultime tacle à Hachette, en affirmant qu’il propose de prendre 30% du prix de vente de l’e-book et qu’Hachette décide quelle part elle souhaite ensuite reverser à ses auteurs. Tout en ajoutant:

«Nous pensons qu’Hachette partage une trop faible portion avec l’auteur aujourd’hui, mais en dernière instance la décision ne nous revient pas.»

Dans cette guerre des prix, les éditeurs pensent ne pas avoir intérêt à établir un prix de l'e-book trop bas par rapport aux livres papier parce que la marge récupérée sur les livres électroniques est plus confortable.

En 2013, le distributeur en ligne SmashWord, qui distribue auteurs et éditeurs indépendants, avait publié les résultats d’une étude fouillée sur ses propres ventes d’e-books. Il en ressortait qu’un même livre vendu à 10 dollars ou plus se vendrait quatre fois moins qu’un livre vendu à 2,99 dollars: en d'autres termes, qu'il était plus avantageux de vendre un tel livre à un peu moins de 3 dollars plutôt à qu'à plus de 10.

Source: SmashWords

Conséquence de ces résultats: il serait plus avantageux pour un auteur de proposer un e-book à un prix d'environ 3 dollars.

Slate.fr

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