Science & santé

Le virus Ebola est entré pour la première fois sur le sol américain, à Atlanta

Jean-Yves Nau, mis à jour le 03.08.2014 à 9 h 17

Le Emory University Hospital d'Atlanta  REUTERS

Le Emory University Hospital d'Atlanta REUTERS

Il se nomme Kent Brantly. Le Dr Brently. Il travaillait au Libéria pour le compte de la puissante association caritative Samaritan’s Purse. C’est là qu’il a contracté le virus Ebola, au contact de malades infectés. Il est arrivé samedi 2 août aux Etats-Unis, à Atlanta - siège des Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

C'est la première fois dans l’histoire des maladies infectieuses qu'un  malade infecté par le virus Ebola se trouve sur le sol américain. C’est aussi une nouvelle guerre qui s’ouvre, sur deux fronts. D’abord prévenir tout risque de contamination de la population américaine.  Les autorités sanitaires affirment être confiantes et en mesure de protéger le public de tout risque de transmission. Ce qui ne devrait guère poser de problème. L’autre front est celui de la guerre contre le virus lui-même: la puissance scientifique et médicale américaine sera-t-elle en mesure de sauver ce médecin d’une infection virale qui tue entre sept et neuf fois sur dix ceux qui la contractent?

L’association Samaritan’s Purse, les CDC, le premier rapatriement sanitaire de ce type, le médecin américain contaminé devenu contagieux et mis en quarantaine dans son propre pays: il y avait là de fortes charges symboliques et émotionnelles, et tous les ingrédients d’un grand spectacle. Ce fut le cas, comme le rapporte, sur son site, The New York Times.

Le rapatriement s’est fait au moyen d’un appareil privé, un Gulfstream spécialement équipé, transportant. Il s’est posé le 2 août, en fin de matinée, sur la «Dobbins Air Reserve Base»  (Géorgie) près d'Atlanta. Tous les détails de l’opération ont été donnés par l’association caritative chrétienne  Samaritan's Purse.

La chaîne de télévision locale WSB a montré l'arrivée de l'avion sanitaire. Puis elle a suivi le trajet de l'ambulance suivie de plusieurs voitures qui transportait le Dr Brantly. Le cortège s’est rendu jusqu’au Emory University Hospital. Cet établissement comporte une unité spéciale d’isolement pour malades hautement contagieux construite il y a dix ans. Elle est en liaison étroite avec les CDC voisins. Habillé comme un astronaute le Dr Brantly y a été admis peu avant 16H30 GMT. Les images retransmises montrent le médecin enveloppé dans une épaisse combinaison, sortir de l'ambulance en marchant, aidé par une autre personne également protégée qui lui a pris les deux mains pour le guider dans l'entrée du bâtiment. Selon les dernières informations de Samaritan Purse son état de santé était, la veille, jugé «stationnaire mais grave».

Il en va de même pour Nancy Writebol, une aide-soignante qui a contracté le virus Ebola dans les mêmes circonstances et sera aussi transférée très prochainement aux Etats-Unis.

«Les médecins, infirmières et le personnel de l'Emory University Hospital  peuvent traiter ces deux patients en sécurité et de manière efficace. Nous sommes honorés d'avoir le privilège de soigner ces patients qui ont contracté Ebola en participant à une mission humanitaire» a indiqué l’établissement hospitalier dans un communiqué.

Il a précisé que le Dr Kent Brantly et Nancy Writebol seraient les deux seuls patients traités dans leur établissement. Pourquoi? «Non en raison des risques de contamination, mais plutôt pour des questions de protection de la vie privée étant donnée le grand intérêt qui entoure ces patients» a précisé l'hôpital qui avait préalablement informé de cette hospitalisation.

Le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses a rappelé à l’AFP que Le risque de contamination est extrêmement faible dès lors que les malades sont pris en charge dans des unités hospitalières coapables de procéder à l’isolement des malades. Pour sa part le Dr Tom Frieden, directeur des CDC, a de son côté tenu à préciser qu'il n'existe actuellement aucun traitement ou vaccin contre le l’infection par le virus Ebola. «Avec un travail méticuleux pour trouver les malades, les personnes avec qui ils ont été en contacts, on arrêtera la chaîne de transmission du virus» explique-t-il.  Une tâche considérable qui, prendra selon lui, dans le meilleur des cas, entre trois et six mois en Afrique de l’Ouest.

Jean-Yves Nau
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Journaliste
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