Moins d’hormones mâles a permis le développement de la civilisation humaine

Une exposition sur l'homme de Neandertal à Krapina (Croatie) en 2010. REUTERS/Nikola Solic.

Une exposition sur l'homme de Neandertal à Krapina (Croatie) en 2010. REUTERS/Nikola Solic.

L’homme moderne est apparu il y a environ 200 000 ans, mais il n’a commencé à développer des outils avancés qu’il y a environ 50 000 ans. Pourquoi? Une étude publiée le 1er août dans la revue Current Anthropology apporte peut-être une réponse à cette question. Elle conclut que l’espèce humaine a connu une évolution majeure justement il y a 50 000 ans qui a permis la naissance d'abord des outils et des savoir-faire et ensuite des civilisations et des sociétés quand la concentration de testostérone (hormone mâle) a commencé à baisser. Cela a permis de réduire la violence, de développer la coopération entre les individus, d’améliorer les outils, d’augmenter l’habileté manuelle et de découvrir l’art.

L’étude a été menée par l’Université de l’Utah sur 1 400 cranes humains modernes et anciens. Elle a permis de prouver la baisse au fil des millénaires du niveau de testostérone et les transformations physiques et comportementales qui en ont résulté.  Parmi les cranes étudiés, 13 avaient plus de 80 000 ans, 41 avaient entre 10 000 et 38 000 ans et 1 367 étaient récent et représentaient une trentaine d’origines ethniques différentes.

«Le comportement humain moderne et l’innovation technique permettant des échanges culturels rapides et la naissance de l’art sont probablement apparus dans le même temps que nous avons développé un comportement plus coopératif» explique Robert Cieri l’un des auteurs de l’étude.

La baisse du niveau de testostérone est notamment visible dans la transformation progressive des cranes humains avec les arcades sourcilières qui deviennent moins épaisses et les visages plus ronds.

Brian Hare et Jingzhi Tan, des chercheurs de l’Université de Duke associés à l’étude et spécialistes de l’évolution animale, soulignent que l’évolution des comportements liés à des changements hormonaux et morphologiques existe relativement fréquemment dans le monde animal. 

Reste à savoir si la baisse du niveau de testostérone chez les mâles humai,s a été la conséquence d’un changement de comportement ou à l’origine de celui-ci ?

«Si les hommes préhistoriques ont commencé à vivre plus proches les uns des autres et à se transmettre des techniques et des savoir-faire, ils devaient être plus tolérants les uns envers les autres. La clé de notre succès est la capacité à coopérer, à s’entendre avec les autres et à apprendre les uns des autres», souligne Robert Cieri.