Sports

Cet été, avec le flyboard et l'hoverboard, envoyez-vous en mer!

Yannick Cochennec, mis à jour le 06.08.2014 à 9 h 35

Peut-être avez-vous croisé sur le littoral de drôles de personnes qui se propulsent au-dessus de la mer sur de curieux engins...

Flyboard / ZR

Flyboard / ZR

Plonger dans l’océan et, quelques secondes plus tard, surgir de la mer en vous propulsant telle une fusée dix mètres au-dessus des eaux comme si vous décolliez vers le ciel azuré à l’image d’un héros de bande dessinée… Cette invitation aux sensations fortes est possible depuis deux ans sur nos côtes, depuis que le flyboard est devenu une activité nautique autorisée par les pouvoirs publics qui ont néanmoins renâclé pendant neuf mois avant de l’adouber.

Le flyboard est un sport qui, à l’évidence, pourrait épicer un épisode de James Bond tant l’engin, qui tient un peu du gadget maritime, est spectaculaire et propice à toutes les figures les plus folles.

Relié à un jet-ski par un tuyau principal qui pulse de l’eau jusqu’à ses pieds raccrochés à deux buses, l’«apprenti cascadeur» des flots bleus devient ainsi une espèce de dauphin volant se retrouvant en apesanteur l’espace de quelques secondes comme posé sur un trône d’eau avant de rebondir à la surface de la mer au gré de sa fantaisie. Et plus le jet-ski est puissant avec, par exemple, 260 chevaux dans son moteur, plus le flyboardeur peut s’élever jusqu’à une hauteur maximale de 12 mètres à une vitesse de 25 km/h grâce à un afflux massif d’eau en provenance du jet-ski. Avec deux options possibles: la télécommande actionnant la «machine» est soit dans les mains de celui qui est en train d’exécuter les figures ou soit entre celles de celui qui est dans le jet-ski.

 

Même si son nom ne l’indique pas, ce sport est d’origine française. Il a même l’accent provençal puisqu’il est né tout près de Marseille, au Rove, où Franky Zapata l’a inventé (il en a d’ailleurs déposé la marque et en détient tous les brevets).

Ancien champion de jet-ski, ce père de famille de 35 ans a été également constructeur de jet-skis jusqu’au jour où son entreprise s’est retrouvée au bord de la faillite par la faute d’un changement de règlement des compétitions internationales donnant l’avantage aux poids lourds de cette industrie.

«Je me suis dit “que faire?” pour s’en sortir et c’est là qu’a ressurgi mon rêve de voler au-dessus de l’eau, raconte-t-il. L’idée existait, mais le projet a mis du temps à aboutir. Une fois finalisé, alors qu’on songeait de plus en plus au dépôt de bilan, tout mon univers a changé par le biais d’une vidéo postée le 2 décembre 2011 sur YouTube pour présenter le flyboard. En quelques semaines à peine, le million de vues a été atteint et dès les premiers jours, 1.500 commandes ont afflué du monde entier. C’était le début d’une grande aventure. Aujourd’hui, nous produisons 2.000 flyboards par an.»

Le flyboard est naturellement régi par des règles plus ou moins strictes, mais il est praticable par tous, quels que soient la taille et le poids, à condition d’avoir au moins 16 ans. Il n’est pas possible, en revanche, de s’y adonner à plus de 300 mètres du rivage sachant qu’une profondeur de bassin d’au moins quatre mètres est exigée.

Aujourd’hui, des dizaines de flyboards sont en circulation en France et la plupart appartiennent à des zones nautiques agréées, mais pour un coût de 4.600 euros pièce (un bon jet-ski neuf s’achète autour de 20.000 euros), un particulier peut s’en procurer et s’adonner librement à sa pratique à ses risques et périls si l’utilisateur décide de «s’envoyer en mer» dans des zones non sécurisées.

En France, la location reste aujourd’hui la norme à des tarifs souvent élevés, avec, il est vrai, une garantie de sécurité, la commande de l’appareil étant tenue par le professionnel encadrant dans le jet-ski.

A Sète, par exemple, vingt minutes de flyboard sont ainsi facturés 80 euros, la demi-heure se payant 120 euros. C’est à peine moins cher à Erquy, dans les Côtes d’Armor, où les 30 minutes sont à 110 euros, mais globalement pour se payer ce type de sensations avec moniteur, combinaison et assurance, il ne faut pas trop regarder à la dépense.

A Pornichet, en Loire-Atlantique, où les tarifs sont similaires et dégressifs en fonction du nombre d’élèves, Greg Nicholls, moniteur de flyboard, conseille la séance à 30 minutes pour des «motifs de plaisir».

«Pour le débutant, les dix premières minutes sont consacrées aux premières impressions et appréhensions liées notamment à la peur éventuelle, explique-t-il. Les dix suivantes permettent généralement la vraie “prise en main” de l’appareil et les dix dernières sont celles dédiées aux vraies sensations avec, souvent, des néophytes qui s’essaient très vite au backflip. A l’arrivée, le sentiment général est que le flyboard, c’est moins dur que ça en a l’air.»

A Pornichet, où deux flyboards sont à la disposition du public, il n’est généralement pas imaginable d’accueillir un total de plus de 30 élèves lors d’une même journée.

«Un chiffre évidemment dérisoire en comparaison à une école de voile, constate Greg Nicholls. C’est un vrai succès, mais forcément limité en raison du peu d’appareils.»

Ainsi encadré, le flyboardeur a (en principe) peu de risques de se blesser. Les accidents petits ou grands, s’ils arrivent, surviennent généralement lors de sorties non encadrées.

«Il y a eu deux trois accidents moyennement graves, admet Franky Zapeta. A chaque fois, il s’agissait de particuliers qui ont plongé littéralement dans le sable parce qu’il n’y avait pas assez de profondeur d’eau. Se rapprocher du bord pour permettre des photos faites depuis la plage n’est évidemment pas conseillé

Champion du monde de la discipline en 2012 (car il existe un circuit de compétitions), Stéphane Prayas, 37 ans, sortait, lui, du cabinet du kinésithérapeute quand nous l’avons joint au téléphone après un «plat» sur le dos à Ibiza quelques jours plus tôt en raison d’une rupture de contact entre le jet-ski et le flyboard.

«Une chute de 12 mètres qui a laissé quelques petites traces, sourit-il. Mais dans l’ensemble, le flyboard, c’est zéro risque à partir du moment où la distance entre le jet-ski et le flyboard est bien respectée, ce qui est toujours les cas avec des professionnels.»

Stéphane Prayas, présent samedi 2 août aux Fêtes de Genève dans le cadre d’un show de démonstration, vient également de tester l’hoverboard, nouvel aéroglisseur inventé par Franky Zapata en hommage, 30 ans plus tard, au célèbre skate de Retour vers le futur chevauché par Marty McFly. Une sorte de ski nautique ou de snowboard des airs à quatre mètres au-dessus de la surface de l’eau pour un coût par appareil de 4.600 euros.

 

Dans le film de Robert Zemeckis, Marty McFly, alias Michael J. Fox, faisait équipe avec «Doc», incarné par Christopher Lloyd. A l’heure des vacances, on vous conseillera néanmoins de laisser votre Doc à distance et de jouer donc la sécurité si vous vous essayez à ces petits joujoux des mers…

 

Yannick Cochennec
Yannick Cochennec (574 articles)
Journaliste
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