Allemagne / Culture / Économie

Une vendeuse de fruits prouve que les Allemands ont de l'humour à revendre

Temps de lecture : 2 min

Et qu'ils n'aiment pas Amazon.

Angela Merkel accompagnée de son premier ministre et du secrétaire général de la CDU le 23 septembre 2013 | REUTERS / Fabrizio Bensch
Angela Merkel accompagnée de son premier ministre et du secrétaire général de la CDU le 23 septembre 2013 | REUTERS / Fabrizio Bensch

Il existe une vieille tradition qui consiste à dire que les Allemands n'ont pas d'humour, mais c'est un mythe. Les Allemands ont un grand sens de l'humour. Il est juste un peu plus grinçant. L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht en est un brillant exemple.

La bonne manière de raconter une blague en Allemagne est de parler d'un fait tragique ou choquant sur le monde qui nous entoure puis de finir sur une légère grimace. Bien sûr on exagère un petit peu (une chose que les Allemands détestent d'ailleurs, surtout quand on parle d'eux) mais le cœur de l'humour allemand est là: attirer l'attention sur de vrais problèmes en racontant des blagues très sarcastiques qui ont le mérite d’amener ces problème sur la table.

Dans le cas de Suzanne, cette insolente vendeuse de fruits de Baden Baden (ci-dessous sur la photo), le problème est la non-réglementation de l'économie du commerce en ligne, personnifié ici par le géant Amazon (très présent en Allemagne).

Cette semaine, le Süddeutsche Zeitung a posté cette photo sur sa page Facebook qui a rapidement fait le tour de l'Allemagne. On peut y voir Suzanne arborer un petit sourire narquois devant des pancartes faites-main indiquant: «Les clients qui ont acheté ce produit...» (ses ananas) «...ont aussi acheté ça» (ses fraises).

Une nouvelle fois, cette blague est acérée, portant un coup direct à la source du pouvoir mais reflète surtout l'état d'esprit des consommateurs allemands dans une Allemagne de plus en plus globalisée. D'un côté, l'appétit des Allemands pour la haute-technologie est indéniable. Mais de l'autre, certaines activités comme faire ses courses à deux pas de chez soi restent, pour le moment, un moment privilégié.

Ce que nous dit Suzanne, c'est que les Allemands n'ont pas besoin d'un algorithme à un milliard de dollars pour leur dire quoi acheter. Mais ce que nous dit la photo, c'est qu'elle ne ferait pas cette blague si cette menace n'était pas déjà présente.

Rebecca Schuman Journaliste

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