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On aurait découvert dans le cerveau humain le gène malformé poussant à se suicider

Repéré par Jean-Yves Nau, mis à jour le 23.06.2015 à 10 h 56

Repéré sur The American Journal of Psychiatry

REUTERS / Dwi Oblo

REUTERS / Dwi Oblo

Le suicide est-il encore la seule véritable question philosophique qui vaille la peine d’être posée? Et Albert Camus reprendrait-il sa copie mythique de Sisyphe s’il lisait la dernière livraison de The American Journal of Psychiatry? Ou s’il lisait The Daily Mail?

Travail sur tissus cérébraux

Résumons. La découverte est signée par une équipe de chercheurs américains dirigés par Jerry Guintivano et Zachary A. Kaminsky (Department of Psychiatry and Behavioral Sciences, Johns Hopkins University School of Medicine). Ils ont travaillé sur des échantillons post mortem de cent-cinquante cerveaux provenant de personnes mentalement saines (ou pas) dont un certain nombre avaient réussi à mettre fin à leurs jours –échantillons tissulaires corticaux provenant du Stanley Medical Research Institute et de la Harvard Brain Bank du McLean Hospital.

Puis, ils ont remonté ce qu’ils estiment être l’enchaînement moléculaire des causalités philosophiques. En commençant par le flux des hormones pour gagner les terres de la génétique. Point final: le gène SKA2 dont l’activité bloquerait la suppression des effets des hormones induites par le stress. Du moins quand ce gène est muté.

Entre 80% et 90% de succès

Puis ils ont effectué le chemin inverse: tests ciblés sur des échantillons sanguins de plus de 325 participants volontaires pour voir s’il était possible de repérer ceux présentant le risque le plus élevé de suicide en utilisant leur marqueur biologique. Puis examens complémentaires salivaires.

Et ces chercheurs expliquent aujourd’hui être en mesure de déterminer avec une exactitude comprise entre 80% à 90% si une personne a ou non eu des pensées suicidaires (voire si elle a ou pas tenté de se suicider) en examinant la structure de son gène SKA2. Sans oublier, il est vrai, de prendre en compte son âge, son sexe ainsi que ses niveaux de stress et d’anxiété.

Une vie qui vaut la peine

Ce qui, si l’on comprend bien, ne laisse plus qu’entre 10% et 20% d’intérêt à la question posée par Camus quant à savoir si sa vie vaut la peine d’être vécue. Du moins jusqu’à la commercialisation du test que l’on imagine  breveté par  l’université Johns Hopkins. Soit entre cinq et dix ans. Avec un objectif chiffré: réduire de 20% en cinq ans le taux de suicide aux Etats-Unis. Les auteurs ne disent pas, une fois les personnes identifiées, comment ils comptent procéder.

Billet initialement publié sur le blog de Jean-Yves Nau

 

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