Ce ne sont pas les ventes de livres en ligne qui détruisent les librairies

Par Ian Collins, via Flickr, LicenseCC

Par Ian Collins, via Flickr, LicenseCC

Le site Actualitté présente une étude sur le marché du livre qui permet de regarder sous un nouveau jour les évolutions du secteur: contrairement aux craintes souvent exprimées des libraires, ce ne sont pas les ventes de livres en ligne qui leur nuisent. 

Le collectif Savoirs Com1 a transmis au site une étude fondée sur les chiffres publiés par le ministère de la Culture. L'analyse de cette étude révèle que «la part des libraires dans le CA du livre est stable depuis 2001 à 18,40%, contre 19% en 2012, et 18% en 2013. On pourra opposer que les années 1998-2000 étaient à environ 21%, mais c'était sur un nombre d'enseignes plus important que pour l'année 2001».

Tout en sachant, remarque Actualitté, que la part des ventes en ligne a progressé sur la période de 2002 à 2013 de 2,2% à 18%. «La progression ne s'est donc pas faite sur le dos des libraires...» précise le site. 

En revanche, ceux qui ont vu leurs parts de vente s'éroder sont les ventes Club et le courtage (passées de 24,8% à 14,5%) les ventes dans les maisons de la presse, librairie-papeterie (de 8,9% à 4%):

«Une perte supérieure à la progression des ventes en ligne. Soit 15% du CA environ, qui sont passés vers la vente en ligne.»

Amazon face aux grandes surfaces spécialisées

En réalité, depuis quelques années le nombre de librairies en France reste globalement stable, comme nous le rappelions sur Slate en 2013. La fragilité des librairies date d'avant Amazon, notait un blog du Monde en 2011, citant notamment l'enquête 2007 sur la situation économique de la librairie indépendante de 2007. Et rappelant que les grandes surfaces, spécialisées notamment, avaient déjà détrôné les librairies de leur poste de régentes du livre. 

«Nos modes de consommation du livre ont changé à mesure que notre rapport à la culture a changé. Les lecteurs sont désormais à la recherche d'un vaste choix qui puisse réponde à leurs différents niveaux d'exigences culturels. (...) La petite librairie ne correspond plus à nos modes de consommation de la culture ni à la manière dont celle-ci est en grande partie produite.»

Les Fnac, Virgin et autres avaient compris cela avant que l'entreprise de Jeff Bezos ne parte dans la même direction, mais avec davantage de modernité, et les affaiblisse considérablement.

Sur le marché américain, certes très différent du marché français, on remarquera d'ailleurs que ce n'est pas aux petites librairies indépendantes que le commerce de livres en ligne nuit le plus, mais aux grandes chaînes: depuis 2010, tandis que la part de livres vendus sur Internet est passée là-bas d'environ 25% à environ 44%, la part des librairies indépendantes a en fait progressé. Elle est passée de 2,4% à 3,7%. La part qui a considérablement diminué est celle des grandes chaînes.

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