Histoire / Culture

C’est arrivé près de chez vous: Quand Brigitte Bardot a arrêté le cinéma

Temps de lecture : 2 min

En 1973, l’icône aux yeux charbonneux et à la taille de guêpe annonce officiellement son départ à la retraite. Sait-on vraiment pourquoi?

Exposition consacrée à Brigitte Bardot à Boulogne-Billancourt en 2009. REUTERS/Charles Platiau
Exposition consacrée à Brigitte Bardot à Boulogne-Billancourt en 2009. REUTERS/Charles Platiau

Petite vengeance, passions éphémères et bad timing… Tout au long du mois d’août, retrouvez les anecdotes obscures du cinéma français.

Dans les années 1950 et 1960, deux femmes gouvernent le monde: Marilyn Monroe et Brigitte Bardot. Loin des vierges effarouchées de l’après-guerre, les deux blondes incendiaires affolent les tapis rouges et répandent leur moue sur grand écran et magazines de papier glacé. Si la première est contrainte de quitter l’orbite des caméras suite à un mauvais cocktail de cachetons à 36 ans, la deuxième choisit, en pleine fleur de l’âge, de tout plaquer. Adieu statut de muse interstellaire, pellicules et caméras.

Selon la croyance populaire, celle qui allait devenir la mémé la plus aigrie de la région PACA souhaitait alors consacrer sa vie aux animaux. Mais est-ce réellement ce qui s’est passé?

En plein été 1973, alors qu’elle vient d’achever le tournage de L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse Chemise avec le jeune Francis Huster, Brigitte Bardot en a sa claque. Dans ses mémoires, Initiales B.B. (éd. Grasset, 1996), elle explique:

«Je me vis dans le miroir avec tout mon harnachement moyenâgeux sur le dos. [...] J'eus subitement ras-le-bol de tous ces faux-semblants, je me sentis prisonnière, tellement éloignée des valeurs de la vie. Tout cela me sembla dérisoire, superflu, ridicule, inutile.»

Mais d’après les gens qui l’ont côtoyée à l’époque, la vérité semble plus prosaïque.

La productrice Mag Bodard (Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort…) raconte dans sa biographie (Philippe Martin, éd. La tour verte) que «Brigitte n’était pas heureuse d’être actrice. Ce qu’elle aimait c’était la Madrague, se baigner, avoir des hommes dans sa vie, séduire… Rien ne l’a plus énervée que d’être aussi connue, elle n’osait plus sortir, tout ça l’emmerdait prodigieusement».

Ce qui appuie par ailleurs les propos de Bardot au magazine Vogue en 2012 à propos de son succès à l’époque.

Mag Bodard poursuit:

«Elle adorait danser, elle adorait rire, elle adorait la vie dans sa plus simple expression. Ce n’est pas une intellectuelle pour un rond, mais elle était intelligente […] Vraiment, c’est une fille bien. Mais le cinéma ne l’intéressait vraiment pas.»

Catherine Deneuve semble être au diapason. Interrogée au sujet de la retraite dans les colonnes de Télérama en avril dernier, elle dit:

«Brigitte Bardot, elle, ne s’est jamais intéressée au cinéma […] Pourtant, en arrêtant de tourner, elle s’est renfermée. Pour un acteur ou une actrice, la retraite fait vieillir plus vite, quelque chose s’éteint.»

Reste que l’icône à la prononciation singulière ne reviendra jamais sur sa décision, malgré une proposition à 1 million de dollars pour tourner avec Marlon Brando deux ans plus tard. Elle se dévouera pleinement et publiquement à la cause animale à partir de 1977, l’année du punk.

En 2012, Brigitte Bardot confiait à Vanity Fair:

«C’est une bonne chose que je me sois arrêtée, parce que ce qui est arrivé à Marilyn Monroe me serait arrivé à moi aussi.»

Elise Costa Chroniqueuse judiciaire

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