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A Times Square, c'est New York contre les super-héros

Temps de lecture : 2 min

Un Spiderman à Times Square, en juillet 2014. REUTERS/Shannon Stapleton
Un Spiderman à Times Square, en juillet 2014. REUTERS/Shannon Stapleton

A Times Square, une étrange population de personnages costumés –Elmo, Batman, Mickey, Hello Kitty et un cow-boy en slip– tentent quotidiennement de survivre en proposant aux touristes de faire des photos avec eux contre quelques billets.

Jusqu’ici, la ville de New York ne régulait pas leurs activités, mais à la suite de plusieurs incidents violents –notamment l’arrestation récente de Spiderman– le maire Bill de Blasio a décidé de réagir:

«Les choses ont allées trop loin, et il est temps de prendre des mesures pour réguler cette nouvelle réalité. Il n’est pas convenable que n’importe qui puisse harceler les touristes en leur demandant une somme d’argent minimum.»

Il y a quelques jours, un jeune Spiderman de 25 ans a été arrêté après avoir frappé un policier après une dispute avec une touriste sur le montant d’un pourboire (il demandait cinq dollars minimum).

Ce genre d’activité proche de la mendicité est souvent le fait de New-Yorkais un peu désespérés: certains sont des immigrés sans papiers qui tentent de faire vivre leur famille, d’autres ont des casiers judiciaires bien remplis, et quelques-uns relèvent de la psychiatrie lourde.

Rien que le nombre de personnages costumés dans cet espace restreint est devenu problématique: certains jours, on en trouve près de soixante-dix.

En 2012, un Elmo avait été arrêté pour trouble à l’ordre public, après avoir hurlé des insultes antisémites et des accusations saugrenues contre une organisation de scoutisme.

En 2013, le muppet Macaron le Glouton (Cookie Monster) avait bousculé et insulté un petit garçon de 2 ans.

Néanmoins, en règle générale, ce sont surtout les Spiderman qui posent problème. Deux autres hommes araignée ont été arrêtés cette année. Le premier «super-héros» avait frappé une mère qui avait refusé de payer pour une photo prise avec son fils, et le deuxième avait tripoté une passante.

Paul Smith, un Spiderman interviewé par New York Magazine explique pourquoi ce sont ses collègues qui sont les plus «dangereux»: par rapport aux autres, le costume de Spiderman est très bon marché, et n’importe qui peut donc se lancer dans l’aventure.

«Au lieu d’acheter un costume d’Elmo à 400 dollars, on peut trouver des déguisements Spiderman pour presque rien.»

La mairie songe à instaurer un permis pour ces personnages, y compris des vérifications de casiers judiciaires. Mais selon les experts légaux, ce genre de régulation ne sera pas facile à mettre en place.

Avec son déguisement minimaliste –chapeau, santiags, slip blanc, guitare et abdos de rêve– c’est le fameux Cowboy nu («Naked Cowboy»), qui s’en sort probablement le mieux: après seize ans de loyaux services sur le macadam de Times Square, il a été sélectionné pour être l’égérie d’une campagne publicitaire pour la marque de sous-vêtements Fruit of the Loom.

Le Cowboy nu, de son vrai nom Robert Burck, à Times Square le 28 décembre 2007. REUTERS/Lucas Jackson

Slate.fr

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