FranceTech & internet

L'Internet d'Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au numérique, n'est pas vraiment Made in France... mais c'est plutôt logique

Andréa Fradin et Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 30.07.2014 à 17 h 39

La secrétaire d'Etat au numérique Axelle Lemaire, Place de la Concorde à Paris, le 14 juillet 2014. REUTERS/Benoit Tessier

La secrétaire d'Etat au numérique Axelle Lemaire, Place de la Concorde à Paris, le 14 juillet 2014. REUTERS/Benoit Tessier

C'est un exercice désormais classique. Le monsieur ou la madame numérique du gouvernement passe son grand oral dans les médias et, comme à l'ENA, l'idée est d'en mettre plein à la vue aux examinateurs en multipliant les références qui montrent qu'on est pointu sur le sujet et qu'on pratique soi-même l'Internet au quotidien (curieusement, on ne demande jamais au secrétaire d'Etat aux Anciens combattants s'il a battu sous les drapeaux ni au secrétaire d'Etat à la famille s'il a beaucoup d'enfants...)

Objectif parfaitement atteint par Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au numérique depuis avril 2014, dans son interview donnée au magazine Elle fin juillet, «La vie en clics d'Axelle Lemaire».

Voici le tableau récapitulatif des noms de services et d'entreprises du web cités dans l'interview:

Cet exercice de name-dropping est une nouvelle fois l'occasion de mesurer à quel point le web est dominé par les services américains: l'écosystème se développant principalement autour des réseaux sociaux incontournables (Facebook, Twitter) ou des terminaux (iPhone).

Même constat du côté des médias, dominés par les gros américains que sont TechCrunch, Wired ou BuzzFeed –mais Axelle Lemaire arrive tout de même à placer FrenchWeb ainsi que Branched, site français parodique.

Finalement, avec un tiers de sociétés françaises (6 si on compte Caramail, racheté depuis par l'Allemand GMX), la ministre sauve l'honneur. Et n'en fait pas non plus des tonnes pour parvenir à citer le petit service web français que personne n'utilise, au nom du sacro-saint concept de «made in France», particulièrement en vogue dans son secteur... comme du côté de son ministre de tutelle, un certain Arnaud Montebourg. Et dont l'évocation systématique, si elle part d'une bonne intention, confine parfois au burlesque si ce n'est au déni de réalité.

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