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La génération Y américaine: des jeunes sages et paupérisés

Repéré par Mathieu Dejean, mis à jour le 30.07.2014 à 12 h 20

Repéré sur Vocativ

"Projet X" (capture d'écran)

"Projet X" (capture d'écran)

Les moins de 25 ans d’aujourd’hui sont-ils vraiment plus immatures et enclins aux abus en tous genres que leurs prédécesseurs? C’est une équation classique: «les jeunes d’aujourd’hui, c’est plus ce que c’était», semblent croire les baby-boomers. Le fantasme angoissant d’une génération alcoolique, droguée, à la sexualité débridée, qui sextote et twerke à tout va, quand elle ne ravage pas des villas dans des soirées «Projet X» a la peau dure.

Une analyse statistique réalisée par Vocativ à partir de données, elles, très sérieuses (glannées entre autres auprès de l'Economic Policy Institute, du ministère de la Justice américain et du Centre pour le contrôle des maladies et la prévention), tend à prouver le contraire.

Les jeunes américains des années 2010 seraient plus sages que leurs aînés au même âge. Le site américain a comparé les taux de consommation d’alcool, de drogues, le nombre de crimes violents commis, et tous les indicateurs de ce que l’on considère normalement comme socialement inacceptable, chez les jeunes américains âgés d’entre 15 ans à 25 ans, de 1993 à 2013.

Les résultats de cette analyse sont formels: les enfants du millénaire américains ne sont pas atteint du syndrome «Very bad trip».

En fait, tous les indicateurs sont à la baisse depuis les vingt dernières années, sauf celui de la consommation de marijuana, qui est le seul à avoir augmenté (de 38%). Cela s’explique en partie par la légalisation du cannabis dans plusieurs Etats aux Etats-Unis.

Ce qui caractérise plutôt la nouvelle génération des 15-24 ans américaine, c’est sa situation sociale compliquée.

Le taux de chômage chez les jeunes américains dans cette tranche d’âge est de 16,5% d’après l’Economic Policy Institute (le double de la moyenne nationale) alors qu’ils ont des niveaux de diplômes plus élevés que leurs aînés au même âge. Ils doivent par ailleurs supporter des prêts étudiants aux taux élevés… et 21,6% des 25-34 ans cohabitent avec leurs parents, qui se targuent indûment d’avoir eu un style de vie plus sain que le leur! 

Dans un article de la Revue française de sociologie publié en 2013, le sociologue Louis Chauvel comparait les inégalités de générations en France et aux Etats-Unis entre 1985 et 2010. Il concluait en validant le terme de «générations sociales» distinctes dans les deux cas, porteuses «d’inégalités spécifiques qui ne se réduisent pas à des inégalités de classes mais leur sont bien complémentaires».

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