Histoire

Theodore Van Kirk, le dernier pilote de l'Enola Gay (Hiroshima), est mort

Repéré par Julien Jégo, mis à jour le 30.07.2014 à 11 h 21

Repéré sur NY Times, CBC News, Politico

Membres d'équipage de l'Enola Gay (Theodore Van Kirk, troisième en partant de la gauche) | Licence CC Public Domain

Membres d'équipage de l'Enola Gay (Theodore Van Kirk, troisième en partant de la gauche) | Licence CC Public Domain

Avant d'être une chanson à succès des années 1980, Enola Gay a d'abord été le nom de l'avion qui a transporté puis largué la bombe atomique qui a rasé Hiroshima le 6 août 1945, entraînant la reddition de l'armée japonaise et la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le dernier pilote encore en vie de cette expédition, Theodore Van Kirk, surnommé le «Hollandais» est mort le 28 juillet, à l'âge de 93 ans. Il avait 24 ans le jour où il a participé au lâcher de Little Boy, une bombe de plus de quatre tonnes sur la ville japonaise. L'équipage de l'Enola Gay était alors composé de douze hommes. Trois jours plus tard une seconde bombe avait été larguée à 300 km de là, à Nagasaki.

Après 58 missions, il a quitté l'armée en août 1946 puis a repris des études en génie chimique avant de travailler pour DuPont, une entreprise spécialisée, justement, dans les produits chimiques.

Dans une interview donnée en 1995 au New York Times, il avait analysé cette mission particulière:

«C'est très compliqué d'employer les mots moralité et guerre dans la même phrase. Y avait-il une moralité dans les bombardements de Coventry, de Dresde, dans la marche de la mort de Bataan, dans le massacre de Nankin ou le bombardement de Pearl Harbor? Dans une guerre, une nation doit avoir le courage de faire ce qu'il faut pour la gagner avec un minimum de pertes.»

Aux Etats-Unis, Theodore Van Kirk et l'ensemble de l'équipage de l'Enola Gay ont toujours été considérés comme des héros. Cependant, l'utilisation de ces bombes atomiques a été de plus en plus critiquée au fil des années par les Américains. Après la guerre, il a pourtant exprimé à de nombreuses reprises son opinion ambiguë sur l'usage des armes atomiques, notamment en 2005 à Associated Press:

«Les armes atomiques ne règlent rien. Personnellement, je pense qu'il ne devrait plus y avoir ce type d'armes sur la planète. J'aimerais qu'elles soient interdites. Mais si quelqu'un en a, je préfère en avoir une de plus que mes ennemis.»

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