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Des postes de radio pirates faits maison pour échapper à la propagande en Corée du Nord

Repéré par Andréa Fradin, mis à jour le 28.07.2014 à 13 h 12

Repéré sur The Guardian, RFI

Une jeune femme au téléphone à Pyongyang, Corée du Nord par Romain Harak | FlickR licence CC BY SA

Une jeune femme au téléphone à Pyongyang, Corée du Nord par Romain Harak | FlickR licence CC BY SA

En Corée du Nord, écouter une station de radio non gouvernemntale est synonyme de crime contre l'Etat. Et peut coûter la vie aux dissidents qui s'y adonnent.

Pourtant, à en croire un article du site spécialisé NK News, qui vient d'être repris par le Guardian, la pratique existe et certaines personnes parviennent même à «vivre de la fabrication de postes de radio» pirates, confie Kim Seung-chul, ancien ingénieur de Pyongyang réfugié à Séoul, où il s'occupe de la North Korea Reform Radio. En 2013, un couple nord-coréen a réussi à fuir le pays en demandant de l'aide à cette station, qu'ils écoutaient illégalement depuis son lancement, en 2007.

Ils ont emporté avec eux leur poste de radio, qu'ils ont remis à Kim Seung-chul: dissimulée dans une palette de bois, la station pèse dans les 1,5 kg et n'a évidemment rien à voir avec nos appareils modernes.

Testé par NK News, ce poste fait maison s'est révélé assez simple d'utilisation, à ceci près qu'obtenir la bonne fréquence, avec un son correct, relève du calvaire:

«Les utilisateurs de la radio dépendent donc totalement de leurs compétences manuelles pour réussir à tourner le module avec d'infimes mouvements.»

Quand ils y parviennent, ces derniers doivent redoubler de précaution pour ne pas se faire repérer, en allumant le plus souvent leur poste la nuit, «de 11 heures à 1 heure du matin», précise le Guardian.

Et encore faut-il que les Nords-Coréens qui se risquent à cette pratique adhérent aux informations qui leur parviennent:

«L'éducation idéologique en Corée du Nord est si forte, raconte encore Kim Seung-chul, que plusieurs personnes ne peuvent pas croire le contenu diffusé par les radios du monde extérieur –moi y compris.»

La radio ne serait pas le seul vecteur d'émancipation dans ce pays réputé comme l'un des régimes les plus fermés au monde. Les séries télé sud-coréennes s'échangent aussi sur clés USB ou DVD, souligne le Guardian, et les téléphones mobiles (qui oui, sont autorisés dans le pays) peuvent aussi permettre des appels vers l'étranger... même si ces derniers restent sans grande surprise illégaux.

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