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Le chômage, c'est bon pour la santé (des autres)

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 25.07.2014 à 18 h 18

Repéré sur Science Daily

The Hub Islington, un espace de co-working à Londres / Impact Hub via Flickr CC License By

The Hub Islington, un espace de co-working à Londres / Impact Hub via Flickr CC License By

Le taux de chômage en France a augmenté à nouveau en juin, avec une hausse de 0,3% des chômeurs de catégorie A, soit près de 10.000 personnes. De nombreuses études ont montré jusqu’à présent que le chômage accroissait les risques de mortalité d’un individu, causant du stress, de la dépression et encourageant des comportements à risque. En période de crise, ce fait a malheureusement largement de quoi être documenté. Récemment, une étude publiée dans le British Journal of Psychiatry affirmait que plus de 10.000 suicides supplémentaires entre 2008 et 2010 étaient dus aux conséquences de la crise économique déclenchée en 2008.

Mais de manière moins intuitive, d’autres recherches aboutissent à la conclusion que les risques de mortalité de la population dans son ensemble baissent quand le taux de chômage augmente.

Science Daily relaie les résultats d’une étude publiée dans l’American Journal of Epidemiology qui pour la première fois a étudié ces deux phénomènes concomittents sur une même population, en l’occurrence un échantillon d’Américains.

Attention, concentrez-vous bien sur ce qui va suivre: si la perte de l’emploi équivaudrait pour les individus concernés à un vieillissement de 10 ans, ces effets négatifs très importants ne touchent qu’une fraction limitée de la population, même quand le chômage est haut. Et ils seraient «compensés» par les gains de santé dans l’ensemble de la population, qui gagnerait une année de vie par point supplémentaire du taux de chômage de l’Etat où réside un individu.

Comment l’expliquer? Selon l’auteur principal de l’article, José Tapia, économiste à l’université Drexel, «ce que les gens ne réalisent pas c’est que les périodes d’expansion économiques –qui vont habituellement de pair avec une réduction du chômage– ont aussi des effets nuisibles sur la société dans son ensemble».

Exemples: moins d’activité entraîne une baisse du trafic routier, donc des accidents –d’ailleurs, les embouteillages sont parfois utilisés comme indicateurs fiables de reprise économique. De même, la pollution atmosphérique baisse en période de récession. Bien que les causes de ce gain d’espérance de vie ne soient pas l’objet de l’étude, les auteurs avancent d’autres hypothèses comme la réduction des accidents au travail et plus généralement un rythme de vie plus calme –moins de transports, plus de sommeil– favorable à une baisse des attaques cardiaques.

Attention cependant: des données portant sur 187 crises financières survenues entre 1970 et 2009 dans 126 pays, compilées par Mathijs van Dijk de l'université Erasmus de Rotterdam, révèlent en revanche que la santé des populations touchées par les récessions se détériore et que leur espérance de vie est en moyenne écourtée de 9 mois 6 ans après la crise. Les bénéfices d'une récession pourraient donc n'être que temporaires.

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