Irak: les djihadistes d'EIIL ont détruit la tombe du prophète Jonas à Mossoul, lieu de pèlerinage musulman

Destruction de la tombe de Jonas, à Mossoul, le 24 juillet 2014 (Capture d'écran)

Destruction de la tombe de Jonas, à Mossoul, le 24 juillet 2014 (Capture d'écran)

Les djihadistes de l’Etat ismalique en Irak et au Levant (EIIL) ont détruit jeudi 24 juillet la tombe du prophète Jonas à Mossoul, au prétexte qu’elle était devenue un lieu d’apostasie, c’est-à-dire de renoncement à la doctrine musulmane, et non plus un lieu de prière, rapporte le Guardian. Le site archéologique sur lequel le sanctuaire musulman avait été construit datait du VIIIe siècle avant J-C.

Une vidéo impresionnante de l'explosion, qui n'a pas pu être immédiatement authentifiée par la CNN, a été postée sur Youtube jeudi: 

D’après les résidents de Mossoul qui se sont confiés à Associated Press sous réserve d’anonymat, les militants d’EIIL ont préalablement demandé à tout le monde d’évacuer le lieu saint, avant de le faire exploser.

La Bible et le Coran mentionnent tous deux le prophète Jonas, qui se fait avaler par une baleine et survit dans son ventre. Une mosquée avait été construite sur le lieu où il aurait été enterré à Mossoul, vers laquelle convergeaient de nombreux pèlerins venus du monde entier. Elle avait été rénovée dans les années 1990. Ce jeudi 24 juillet elle a été réduite à un tas de pierres, comme le montre une photo d'Associated Press.

La déflagration provoquée par l’explosion a également endommagé des maisons aux alentours, selon les habitants interrogés par le Guardian. D’après eux EIIL a procédé le même jour à l’anéantissement de la mosquée de l’Imam Aoun Bin al-Hassan, non loin. «Le groupe a menacé de détruire tout sanctuaire qui lui paraîtrait non-islamique», rappelle CNN.

Le mois dernier, selon un rapport de Human Rights Watch, EIIL avait déjà détruit sept lieux de culte chiites à Tal Afar, à 50 kilomètres de Mossoul.

Le patrimoine historique n’est jamais épargné par les exactions des groupes terroristes. Les bouddhas de Bamiyan, datant du Ve siècle, en avaient fait les frais en février 2001, lorsque les talibans, qui considéraient ces représentations comme impies, les avaient détruits en partie, également à l’explosif.

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