Slatissime

Un été en voitures de plage

Temps de lecture : 2 min

Les voitures de plage sont de plus en plus recherchées. Pensés pour emmener les estivants faire trempette, ces engins aérés font rêver

A une époque où la moindre Twingo se voit doter d’une liste d’équipements dignes d’un cockpit de jet, les voitures de plage font toujours recette. Pourtant, elles n’ont ni airbags en batterie, ni climatiseur bizone, ni vitres teintées et encore moins d’ESP ou de phares au Xénon. Curieux paradoxe !

Totalement décalées dans la circulation contemporaine, elles plafonnent à 100 km/h, et freinent avec la même efficacité qu’un super tanker de 20 000 t. Elles sont, de plus, fort mal isolées. Il y fait froid l’hiver et chaud l’été. Malgré tout, on se les arrache. Ainsi, la joyeuse Fiat Shelette de 1972, dont Philippe Starck s’est séparé en février dernier, s’est vendue 41 700 €. Deux ans auparavant, la charmante Fiat 600 Jolly, décapitée par le carrossier Ghia dans les années 1960 et appartenant à la famille Agnelli, avait recueilli une enchère similaire. Par ailleurs, certains amateurs n’hésitent pas à investir de petites fortunes dans la restauration d’une Méhari ou d’une Mini Moke. Bref, ces puces de sable à roulettes, aussi dépouillées que des cellules de moine trappiste, s’avèrent furieusement tendance. On appelle voiture de plage ces autos à la carrosserie minimaliste, sans vitre, à portes échancrées et pare-brise droit si possible rabattable. Des « autos en string », en quelque sorte. Elles colmatent leurs habitacles sous une bâche à l’étanchéité discutable, donnant l’impression aux passagers les jours pluvieux, de se trouver sous leur douche. Petit bonus, certaines d’entre elles font preuve d’aptitudes hors-pistes, permettant d’emprunter, le cas échéant, le petit chemin qui mène à la mer ou à l’océan. Sous le capot, l’on retrouve des mécaniques de grande série, simples et rustiques, empruntées notamment à la 4 L, à la 2 CV, à la Coccinelle ou à la Mini...

Un symbole de liberté

Aujourd’hui, il n’en reste plus guère. Pourtant, ces icônes des années pop poursuivent leur office, de Noirmoutier à Arcachon et de Collioure à Sanary. Rigolotes et stylées, elles emmènent les familles bobos de leur résidence secondaire chic jusqu’à la plage et de la plage jusqu’au Café du port... Poétiques, elles conservent leur capital sympathie intact. En fait, ces découvrables, sortes de transats ambulants, incarnent plusieurs valeurs aujourd’hui quasi disparues du secteur automobile. Elles sont symboles de liberté. Pas de ceinture, pas de système de sécurité, pas d’alerte sonore vous intimant de faire ceci ou cela. Apparues entre le milieu des Fifties et les années 1970, elles évoquent aussi une époque douce et joyeuse, celle des Hippies, peuplée de filles fort peu vêtues aux longs cheveux et de garçons hirsutes et non violents. Du coup, les stylistes continuent de s’en inspirer et les concept-cars de fleurir. La voiture de plage constitue même l’un des sujets de prédilection des designers autos. Et si ces prototypes modernes ne vont plus à la plage, ils persistent en revanche à nous faire rêver.

A gauche: La Mini Moke, conçue pour l'armée britannique, est la reine de St Tropez
A droite: La Mini Beachcomber de 2010 est une interprétation de la Mini moderne

A gauche: Réplique de Renault à la Citroën Méhar, la Rodéo n'est pas aussi "chevronnée" que sa petite concurrente. Mais elle est aussi belle.
A droite: La for-us Concept de Smart est pensée pour les surfers. Son compartiment arrière permet de transporter planches ou VTT.

Nicolas Dembreville

Montaigne publications

Newsletters

L’important n’est pas de vivre les choses, c’est de savoir les débriefer

L’important n’est pas de vivre les choses, c’est de savoir les débriefer

Nos quatre options pour sublimer la banalité de votre quotidien et captiver votre auditoire.

Pourquoi s’enfoncer des choses bizarres dans l’anus?

Pourquoi s’enfoncer des choses bizarres dans l’anus?

Une cloche, un verre à pied, un smartphone… ces objets ont un point commun: ils se retrouvent régulièrement perdus au fin fond des canaux rectaux.

Notre petite voix intérieure, cette amie bavarde capable du meilleur comme du pire

Notre petite voix intérieure, cette amie bavarde capable du meilleur comme du pire

Qui est cette personne qui me casse non-stop les oreilles? Ah ben c’est moi.

Newsletters