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La carte des espaces aériens interdits ou déconseillés dans le monde

En rouge, la seule zone interdite par le pays lui-même. En orange, les zones déconseillées par les différentes organisations nationales et internationales ou que les compagnies aériennes évitent d'elles-mêmes. Carte : Julien Jégo.

Passez votre souris sur les zones colorées pour avoir plus d'informations.

Le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines, abattu jeudi 17 juillet dernier dans l'est de l'Ukraine par un missile sol-air tiré depuis un système lance-missile Bouk, a des répercussions dans le monde entier, et pas seulement dans le domaine des relations internationales.

La destruction de l'avion avec près de 300 personnes à bord a lancé le débat sur la gestion du risque posé par les conflits pour les vols commerciaux, et plus généralement sur la manière dont est géré l'espace aérien mondial.

Comme le rappellait Gilles Bridier ici-même il y a quelques jours, il y a de «très nombreuses» organisations internationales et instances de régulation: l'Organisation de l'avion civile internationale (OACI) et l'Association internationale du transport aérien (AITA) pour l'ensemble du monde, l'European aviation safety agency (EASA) et Eurocontrol (qui délivre les autorisations de vol pour l'espace européen) pour l'Europe, les organismes comme la Federal aviation administration (FAA) ou la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) pour le territoire français...

Mais «l’ensemble du système repose sur la souveraineté des Etats dans leur espace aérien et la multiplication des instances ne facilite pas la prise de décision au titre de la sécurité», expliquait Gilles Bridier.

Plusieurs organisations internationales compétentes et les compagnies aériennes elles-mêmes, dont la Lufthansa et Emirates, ont appelé depuis l'incident du MH17 à un durcissement des règles internationales en matière de survol des zones de conflit.

J'ai contacté les différentes instances citées ci-dessus, mais aucune n'a été en mesure de fournir une carte ni-même une liste des espaces aériens dangereux ou déconseillés. En recoupant les bulletins d'information et les recommandations au cas par cas de chaque instance avec les nombreux articles sur le sujet et la très utile carte des vols commerciaux en temps réel de Flight Radar, il est quand même possible de dresser une carte des pays où il est interdit, dangereux ou déconseillé d'effectuer des vols commerciaux.

La carte permet de tirer plusieurs enseignements. D'abord, les espaces aériens au-dessus de Donetsk et Louhansk sont les deux seuls espaces aériens à avoir été entièrement fermés par le pays lui-même. Toutes les autres zones, en orange sont simplement déconseillées ou potentiellement dangereuses.

Ensuite, on peut voir que certains pays comme l'Iran, que l'on mettrait instinctivement dans les pays à éviter, ne figurent pas sur la carte. L'Iran est en effet survolé à l'heure actuelle par de nombreuses compagnies, dont Air France, KLM et Lufthansa selon les données de Flight Radar, et n'est pas particulièrement déconseillé par le plupart des organismes de régulation. En revanche, dans des pays très instables, voire en guerre, comme l'Afghanistan, ou certains pays d'Afrique (Mali, Niger, Somalie), le ciel est ouvert. Cela dépend en partie de la nature des belligérents et de leurs capacités militaires, notamment en termes de missiles sol-air.

Carte : Julien Jégo

Surtout, on peut voir que les zones déconseillées ne représentent au final qu'une toute petite superficie par rapport à l'ensemble de l'espace aérien mondial. En additionnant la superficie des 6 pays concernés plus la Crimée (l'Ukraine a été prise dans son ensemble pour des raisons pratiques), on arrive à une superficie qui ne représente que 2,11% des terres émergées du globe, et beaucoup moins encore à l'échelle de la planète entière en comptant la superficie recouverte d'eau.

Si tout changement de route appliqué à l'ensemble des compagnies aériennes est forcément compliqué étant donnée la densité du trafic aérien d'aujourd'hui, cette carte montre que des règles plus strictes en matière de survol des zones de conflit laisseraient d'importants couloirs ouverts aux vols commerciaux pour relier pratiquement toutes les destinations.

Comme l'a souligné une porte-parole de Lufthansa, dont les avions ont survolé l'est de l'Ukraine jusqu'à l'incident du MH17, faire éviter aux vols Europe-Asie de survoler l'Ukraine n'entraîne qu'un coût supplémentaire «négligeable», et seulement quelques minutes de vol en plus.

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