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«No Man’s Sky», un jeu vidéo à l'univers virtuel (presque) infini?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 24.07.2014 à 12 h 20

Repéré sur MIT Tech Review, Grantland

No Man’s Sky, développé pour la PlayStation 4 par Hello Games, studio indépendant à Guildford en Angleterre, se présente comme «un jeu de science-fiction qui se déroule dans un univers infini généré de manière procédurale». C’est-à-dire que sa végétation, sa faune, son atmosphère sont générés par des algorithmes. Cette méthode est très utilisée dans le développement de jeux vidéos pour créer des univers virtuels, mais la nouveauté de No Man’s Sky réside dans la taille vertigineuse de son univers.

Comme le note la revue technologique du MIT, qui n’aurait consacré selon le studio que deux articles de son histoire à des jeux vidéos (l’autre étant Minecraft), «les dizaines de millions de planètes qui composent l’univers sont toutes uniques. Chacune est générée quand un joueur la découvre, et est sujète aux lois de son système solaire et à l’érosion naturelle. Les multiples créatures qui peuplent l’univers se reproduisent et mutent génétiquement au fil du temps.»

Généré procéduralement ne signifie pas pour autant que tout est aléatoire, les caractéristiques de la planète dépendant par exemple de sa distance du soleil. L'ensemble a l'air naturel et, selon Sean Murray, fondateur du studio et l’un des créateurs du jeu, «plaisamment chaotique d'un point de vue mathématique».

Il s’agit donc, précise la MIT Tech Review, d’un «monde virtuel construit à une échelle sans précédent». Sean Murray en parle comme «d’une vaste expérimentation». Car cette méthode de création de mondes virtuels, écrit le magazine Grantland, «signifie que le jeu contient des choses que personne —même pas ses créateurs– n’a encore vues». 

Explorateurs virtuels, les joueurs seront amenés à découvrir de nouvelles planètes et à y repérer de nouvelles espèces de plantes ou d’animaux. Une telle superficie et une telle variété posent quelques problèmes surréalistes. Les développeurs ont par exemple eu recours à des testeurs virtuels de l’univers envoyant des captures d’écran de ce qu’ils voyaient… 

A vrai dire, il n’est même pas nécessaire de se représenter un monde intergalactique pour être pris de vertige, comme Murray l’a expliqué en juin à l’Electronic Entertainment Expo:

«Nous parlons de planètes de la taille de planètes. Donc, même si un million de nous jouons sur une planète, nous serons tout de même loin les uns des autres. Mettez cela à l’échelle d’un univers: il est en réalité très peu probable que vous et moi nous rencontrions». 

Une sorte de jeu massivement multijoueurs qui inverse toutes les règles du genre, dans la mesure où les participants ont peu de probabilité de se croiser. Même si, pour éviter que les joueurs ne versent dans une forme de «solitude virtuelle», on les fera tous démarrer dans la même galaxie et ils pourront interagir plus tard dans le jeu.

L’homme qui a commencé en 2011 à marcher dans l’univers virtuel du jeu Minecraft pour en atteindre l’extrémité, les Terres lointaines, (oui, il existe vraiment), a un temps de voyage estimé à 22 ans. No Man’s Sky s’approche un peu plus d’un vieux rêve de science-fiction, celui d’une exploration sans fin d’un monde imaginaire.

Mais comme l’expliquait Laurent Pointecouteau sur Slate, créer un jeu vidéo doté d’un univers virtuel infini est par définition mathématiquement impossible:

«Les ordinateurs, pas plus que les humains, ne sachant pas compter jusqu'à l'infini, les jeux vidéo ne peuvent s’étendre jusque là. Mais on peut s’en approcher et bâtir un univers tellement vaste qu’aucun joueur ne pourrait en voir la fin, à condition de respecter certaines règles.»

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