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Quand les crises en Ukraine et à Gaza seront finies, celles d'Irak et de Syrie feront encore des victimes

Temps de lecture : 2 min

Contrairement aux éruptions de violence de court terme qui ont lieu à Gaza et en Ukraine, on ne voit pas vraiment le bout du chaos en Irak et en Syrie

A Douma, près de Damas, le 19 juillet 2014, REUTERS/Yousef Albostany
A Douma, près de Damas, le 19 juillet 2014, REUTERS/Yousef Albostany

Les évènements à Gaza et en Ukraine confisquent en ce moment l'attention médiatique aux dépens de la guerre civile en Syrie et de l'avancée d'EIIL en Irak. Jeffrey Goldberg de The Atlantic y voit un signe que le monde entier est obsédé par Israël. Peut-être, mais je pense que l'explication est plutôt à chercher du côté de la nouveauté.

La Syrie est un conflit au long cours. Il se rappelle à nos souvenirs quand quelque chose change de manière spectaculaire: l'utilisation d'armes chimiques augmentant la probabilité de frappes aériennes américaines, ou l'extension du conflit en Irak.

Rien de ce qui s'est passé récemment ne rivalise avec les éruptions de violences qui ont eu lieu ailleurs, mais la situation s'est considérablement détériorée. Jeudi et vendredi derniers ont été les deux jours les plus sanglants de la guerre civile syrienne: plus de 700 personnes ont été tuées dans les combats entre le gouvernement et EIIL, le groupe de militants sunnites qui s'est récemment rebaptisé l'Etat islamique.

Un attentat suicide d'EIIL à Bagdad a tué 31 personnes, la plupart des civils, mardi 22 juillet. Le groupe semble consolider son contrôle politique des zones qu'il a conquises et a acquis de nouvelles sources de revenu en faisant de la contrebande de pétrole.

Pendant ce temps, les dirigeants politiques de l'Irak ont pour le moment été incapables de s'accorder sur une solution de partage du pouvoir qui semble nécessaire pour faire face à l'insurrection. Pendant ce temps, les forces de sécurité irakiennes ont été accusées de tuer des civils avec des «bombes-barils», une arme rudimentaire et brutale utilisée par les forces de Bashar al-Assad en Syrie.

Un des problèmes majeurs du récit désormais très répandu autour d'un «arc d'instabilité mondiale» est qu'il met dans le même panier des éruptions de violence de court terme et des conflits locaux de longue durée où se passent des événements bien plus importants et bien plus transformatifs.

Tôt ou tard, un cessez-le-feu sera trouvé et la violence à Gaza cessera, même si la question est de savoir combien de personnes mourront avant que cela arrive. La violence en Ukraine est épisodique, mais malgré la circonspection compréhensible en Europe de l'est, elle a peu de chances de s'étendre.

Les guerres civiles jumelles en Irak et en Syrie sont une autre histoire: une situation qui dure depuis longtemps et de plus en plus chaotique sans solution politique évidente, même à court terme. La violence remet en cause de vieilles frontières de la région et pourrait augmenter le risque de terrorisme international.

La crise de réfugiés qu'elles ont créé va continuer à être un poids pour les pays frontaliers. Etant donnée la guerre d'Irak et l'implication croissante des Etats-Unis en Syrie, je pense que c'est la crise pour laquelle les Etats-Unis portent le plus de responsabilités.

Les tragédies les plus discutés de la semaine prendront fin tôt ou tard. Mais on ne voit pas vraiment le bout du chaos en Irak et en Syrie.

Joshua Keating Journaliste

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