Boire & manger / Sciences

En Mer du Nord, des phoques cherchent leur repas dans les parcs éoliens offshore

Temps de lecture : 2 min

Leurs proies y sont nombreuses.

Seals @ Horsey Gap, Norfolk/ Tim Parkinson via Flickr CCLicence By
Seals @ Horsey Gap, Norfolk/ Tim Parkinson via Flickr CCLicence By

Les mammifères marins aiment bien partir chasser autour des parcs éoliens offshore. Des chercheurs de l’Université britannique St Andrew se sont penchés sur les trajets et voyages de dizaines de phoques «communs» et de phoques gris, vivant autour des côtes britanniques et hollandaises dans la Mer du Nord, tous enregistrés et munis d’un GPS.

Les résultats sont détaillés dans la revue Current Biology: sur les presque 120 phoques marqués, 11 se sont baladés à plusieurs reprises dans deux parcs éoliens actifs, Apha Ventus, en Allemagne, et Sheringham Shoal, dans le sud-est du Royaume-Uni.

Les chercheurs en ont déduit que les phoques sont attirés par les bases de ces structures, qui agissent comme des récifs artificiels où les proies pullulent. Un bon spot pour chasser, donc. En outre, ces mammifères marins se déplacent selon un modèle quadrillé, en faisant des lignes droites entre les bases des éoliennes, comme pour tester le potentiel alimentaire de chacune. Deborah Russel, membre de l’équipe, explique cela à BBC News:

«L’animal bouge essentiellement d’une éolienne à une autre, presque comme s’il était en train de vérifier "OK, est-ce qu’il y a moyen de manger par ici?". Et ensuite, il reste pendant un moment assez long, quand il y a des opportunités de trouver de la nourriture.»

On ne sait pas exactement quel fut le menu des phoques. Mais ils ont sûrement été attirés par des poissons comme la morue ou le merlan, qui se nourrissent eux-mêmes d’invertébrés vivant sur les récifs.

Ce comportement concerne une petite proportion de phoques, et c’est une stratégie de chasse gagnante, puisque les phoques en question l’ont reproduite plusieurs fois… Mais comme les éoliennes en mer vont se multiplier, davantage d'entre eux devraient être touchés. Plus de recherches seront nécessaires pour comprendre les effets de cette attirance vers les parcs éoliens. L’étude précise ainsi:

«Les conséquences écologiques dépendront de si ces récifs engendrent une augmentation, ou juste une concentration de proies. […] Nous devrons résoudre cette incertitude pour évaluer si ces structures anthropogéniques doivent être conçues et gérées pour réduire leur empreinte écologique globale (si elles concentrent la biomasse et agissent comme des pièges écologiques) ou bien pour maximiser les bénéfices écologiques potentiels (par exemple offrir de nouvelles possibilités d’alimentation aux grands prédateurs).»

Et les navires de maintenance ou le bruit des éoliennes pourraient peut-être avoir un impact négatif sur les phoques ayant ces parcs comme cantine.

Slate.fr

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